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" Ca décale ! " est une expression typique du métier de Sapeur Pompier. Cela veut dire partir en intervention.

     Les origines viennent du temps ou les pompes à incendies étaient tractées par des chevaux (ou les hommes). Les pompes étaient immobilisées par des cales placées aux roues. Lors des départs, les cales étaient enlevées, " on décalait " les pompes.

Vous allez découvrir ci-après, un aperçu des interventions effectuées par le Corps.

       C'est à compter du 12 janvier 1882 que l'on trouve des relations d'opérations. Elles couvrent donc une période de 117 années. Soit, vous vous en doutez, quelques dizaines de milliers. J'avoue ne pas avoir compté... ni tout lu!

     Vous remarquerez l'évolution dans le style de narration. Le ton un peu grandiloquant, emphatique, laisse peu à peu place aux rapports clairs, nets et précis. Certaines expressions sont quasiment tombées dans l'oubli. 

1882.
Belfort, 15 avril.

     Chez M. S… Brasseur au Faubourg de Montbéliard. Un incendie d'une grande violence se déclare dans la partie de bâtiment servant de brasserie et celle servant de salle de café et logement de Mrs S… et C…locataires qui sont en grande partie détruits. La grande étendue de l’incendie ayant nécessité l'emploie de plusieurs pompes, le manque d'eau se fit bientôt sentir. Les pompes de Belfort, celles de l'artillerie et du Génie militaire et des communes de Bavilliers, Danjoutin, Valdoie, Offemont et une partie de la Garnison se sont occupées d’éteindre ce grand incendie, lequel dura 24h00.

Belfort, 14 mai.
     Chez M. B…et Cie. Un incendie d'une rare violence s'est déclaré dans la nuit du 14 au 15 mai courant vers deux heures du matin dans la fabrique de M. B…et Cie. Les secours furent lents à s'organiser, surtout pour la compagnie de Belfort, laquelle n’a pu se procurer les attelages nécessaires aux pompes, aussi n'arrivèrent-ils sur les lieux du sinistre que 2 heures après son origine.

1883.
(Pas de date.)

     Dans la nuit de mercredi à jeudi, des signaux d'alarme ont réveillé les habitants de Belfort. Le feu venait de se déclarer au faubourg de Brisach, dans l'établissement de M. B…restaurateur, connu sous le nom de Chalet de la Promenade.
     Cette habitation construite en pans de bois garnis de maçonnerie avait deux étages comprenant 3 pièces. Outre le propriétaire, elle était occupée par deux locataires, M. G. B…, S/Lieutenant au 35 de ligne et M. J. M… terrassier.
     L'envahissement des flammes a été si rapide que l’on n’a pu sauver qu’un meuble et une malle contenant quelques effets.
     Remarquons que lorsque les pompiers et deux compagnies du 35 sont arrivées sur les
lieux, leurs secours ont été inutiles par le manque d'eau, la maison a brûlé de fond en comble.
     Les causes du sinistre sont inconnues et les pertes sont évaluées à 40 000 F pour le propriétaire et 400 F pour les locataires.


1884.
Belfort, 18 août.
Magasin à fourrage parc militaire.

     Un grand incendie allumé par le feu du ciel, s'est déclaré à 08h00 du soir dans le parc militaire situé au faubourg des Ancêtres. Deux immenses hangars renfermant pour plus de 100 000 Francs de fourrage sont en peu de temps dévorés par l'incendie malgré les efforts des sapeurs pompiers de Belfort, de Valdoie, Bavilliers, Danjoutin, Offemont, aidés par les troupes de la garnison.
     Les efforts des travailleurs durent se borner à préserver le manège de cavalerie et un grand bâtiment renfermant les avoines de la cavalerie de la Place.


1886.
Belfort, 13 mars.

     Un grand incendie s'est déclaré au collège des Frères situé faubourg des Ancêtres. Toute la partie haute du grand bâtiment a été la proie des flammes; la projection des pompes ne permettant pas d'atteindre une si grande hauteur et de produire un effet utile.

1887.
Belfort, 7 septembre.

     Dans la nuit de jeudi à vendredi, vers deux heures du matin, un incendie d'une certaine violence s'est déclaré au faubourg des Forges dans le débit de boissons de Madame T… Heureusement l'alarme aussitôt donnée, les secours furent promptement apportés. La pompe de l'usine Steiner aussitôt amenée sur le lieu du sinistre, combattit avec succès les progrès du feu.
     Presque en même temps arrivaient les pompiers de Belfort sous la direction de leur Capitaine M. Maré, dont les secours efficaces préservèrent du sinistre tout un pâté de maison.
     Le bâtiment occupé par le débit T… est réduit en cendres. Les pertes s'élèvent à 4.000F. Les causes du sinistre sont encore inconnues.


Romagny, 18 décembre.
     Dans la soirée d'hier dimanche, des cris d'alarme retentissaient dans notre localité d'ordinaire si paisible. Le feu avait éclaté dans la maison du sieur H… tisserand.
     Malheureusement la violence du sinistre était telle que l'on put à peine sauver quelques meubles et
le bétail. Les causes du sinistre sont inconnues.

1901.
Belfort, 16 septembre.

     Vers 11 h du soir, incendie de la maison D… (ancienne propriété L…) faubourg de Montbéliard. Le bâtiment comprenait quelques logements et de vastes magasins renferment des matières essentiellement inflammables, telles que pétrole, alcool, etc. Tout a été détruit. Se sont particulièrement distingués: Adjudant Gérard, Sergent Major Pétard, Caporal Thurin et les Sapeurs Bringard, Echemann et Schiling.

1903.

Belfort, nuit du 14 au 15 avril.
     Vers 1h 1/4, incendie de la maison située faubourg de France 51, appartenant à M. W… demeurant à Mulhouse et occupée par M. R… propriétaire du magasin « Paris-Bazar » et Madame G…, logent en garnis. La maison a été complètement détruite. Les pertes se sont élevées à environ 150.000F.
     Le Caporal Gérard de la Compagnie a été grièvement blessé par suite de la chute d' un pan de mur.

1906.
Belfort, 19 janvier.

     Vers 6h 1/2 du matin, un incendie dont on n’a pu déterminer les causes a détruit en grande partie le Palais de Justice, situé place de la République.

CPA Palais de Justice Incendie 1906 004
     Le feu a pris naissance dans le sous-sol où se trouvent les caves et les appareils de chauffage. Il s'est rapidement propagé jusqu’au combles, à travers l'immeuble par les escaliers en bois. Malgré le dévouement de la compagnie de sapeurs pompiers et de la troupe tout a été rapidement détruit et au bout de quelques heures il ne restait que les 4 murs. Les pertes sont considérables et s'élèvent à plus de 250.000F.
     Le Sergent Spitzmesser de la Compagnie a été blessé à la jambe par la chute d'une poutre.


1907.
Belfort, 3 mars.

     Un incendie s'est déclaré au casino de Belfort rue des Capucins. Le feu a pris sous la scène et dans l'amas de décors et d'accessoires qui se trouvait là; tout fut détruit. Les pertes se monteraient à 90 000 F.

1908.
Belfort, 30 juillet.

     Vers 9h1/2, la sirène des usines de la Société Alsacienne fit entendre son lugubre appel, mettant en émoi toute la population. Aussitôt, le clairon du château, les tambours et clairons de la Cie de sapeurs pompiers battirent et sonnèrent au feu.
     Les pompiers furent promptement sur les lieux. Heureusement l’incendie n'avait pas la gravité qu'on pouvait craindre. De vieilles planches qui se trouvaient à proximité des cubilots d'un atelier de la fonderie avaient pris feu et une épaisse fumée se dégageait de la toiture qui fut quelque peu endommagée.
     Pendant ce temps M. Nippert, contre-maître à la société Alsacienne, Capitaine des pompiers de l'usine, se multipliait et mettait très rapidement en action tout le matériel perfectionné d'extinction d'incendie appartenant à l'usine. L'incendie fut heureusement conjuré en quelques minutes. Les dégâts sont tellement insignifiants que la société Alsacienne ne fera pas appel aux compagnies d' assurances.


1911.
Belfort, 23 juillet.

     Dans la nuit de dimanche à lundi, vers minuit, le clairon se mit à sonner au feu. Du coté du Salbert une immense lueur empourprait l'horizon. Une foule considérable se porta aussitôt de ce coté. Les bâtiments de la tuilerie Littot et Doctermany, située sous le Mont à l'extrémité de l'avenue des Trois Chênes étaient en flammes.
     L’incendie pris tout de suite des proportions considérables et il fut impossible de travailler à l'enrayer. Les secours arrivèrent rapidement, pompiers et soldats. Mais tout fut inutile, en une heure, la tuilerie fut détruite par suite du manque d'eau. Les chevaux furent sauvés.
Cette tuilerie construite depuis quatre années occupait une trentaine d'ouvriers.
Les pertes ne sont pas encore évaluées.
     Les causes du sinistre sont inconnues. La découverte dans un pré voisin de quatre bidons de moto-naphta fraîchement vidés avait donné lieu à un bruit qui circula dans la matinée en ville, attribuant cet incendie à une malveillance criminelle. Renseignements pris à bonne source, la présence de ces bidons s'expliqua très naturellement, ils ont été utilisés par les ouvriers et ils se trouvaient déjà dans le pré la veille de l’incendie.

Belfort, 27 août.
     Vers dix heures la sonnerie « au feu » se fit entendre du haut du Château. Un incendie venait de se déclarer dans le hangar appartenant à M. Von B… et occupé en grande partie par M. S…, marchand de fourrage. Le poste des pompiers arriva rapidement sur les lieux du sinistre, peu après arrivèrent les pompiers et la troupe. Ils durent se borner à circonscrire le feu qui avait pu prendre de grandes proportions, et à préserver les maisons et magasins voisins. Deux chevaux, une chèvre et 10 poules appartenant à M. S… ont été la proie des flammes.
Les pertes sont les suivantes:
     Le hangar de M. Von B…d'une superficie de 15 de long sur 26 de large dans lequel le propriétaire avait remisé des meubles, chaises et tables de café 10.000F.
     M. S… pour les animaux énumérés ci-dessus, du foin et de la paille, 30.000F.
     M. P… Capitaine au 42ème de Ligne qui était locataire d'une partie de la remise a pu sauver son cheval, sa voiture et ses harnais.
    Du matériel de jardin, des chaises et tables sont restés dans les flammes. Les pertes sont estimées à plus de 100 F.
     Pendant la durée de l’incendie presque tout Belfort s'est rendu sur les lieux du sinistre. C'était un va et vient continuel. Nous avons remarqué M. Ozibert Général Gouverneur, plusieurs conseillers municipaux, Michel Capitaine de gendarmerie, Rouot commissaire central. M S... nous prie de remercier en son nom les pompiers, la troupe, et toutes les personnes qui se sont dévouées pour combattre l'incendie.


Belfort, 27 décembre.
     Vers 11h1/2 du soir, la population fut réveillée par la sonnerie « au feu ». Un incendie venait de se déclarer dans la scierie de M. P… 112 faubourg des Vosges. Après avoir donné l'alarme, plusieurs voisins se précipitèrent dans la scierie et essayèrent de sauver des grosses pièces de bois.
     Nos braves pompiers arrivèrent peu après sous le commandement de leurs Officiers, ainsi que la troupe et attaquèrent courageusement le feu.
     Après deux heures de travail et d'efforts, l’incendie était fort heureusement circonscrit. L'atelier de menuiserie, la machine motrice et de nombreuses machines-outils ont été la proie des flammes. Les pertes s'élèvent à 60.000F. Il y a assurance.
     Les flammes projetaient une telle lumière dans la ville que les pompiers d'Offemont crurent que l’incendie s'était déclaré aux Forges. M. Brouque Sous-Lieutenant rassembla alors ses hommes et accourut jusqu'aux Forges. C'est seulement de cet endroit que les pompiers d'Offemont s'aperçurent que le sinistre avait lieu au faubourg des Vosges.

1912.
Cette année voit deux grandes améliorations dans la lutte contre l’incendie.
- En effet, une pompe automobile est mise en service.
- Le téléphone commence à être installé.
     La première mention de la « Pompe-Automobile » sur un rapport d'incendie est en date du 14 octobre 1912, lors d'un feu de cuisine suite à un feu de cheminée au 41 rue du Lycée à Belfort.
Pour le téléphone, il faut attendre le:

21 décembre.
     Vers 3 heures de l'après midi M. P…, cordonnier, demeurant rue du Quatorze juillet, dans une petite maison appartenant à M. E…, était occupé à réparer des chaussures lorsque tout à coup un morceau de plâtre tomba du plafond. Ayant levé les yeux, M. P… aperçut de la fumée qui sortait du grenier puis de grandes flammes apparurent. M. P… saisit aussitôt son enfant et le porta chez des voisins puis aidé de son frère M. Auguste P…, de M. S… et de plusieurs personnes de bonne volonté, il s'occupa à sauver les meubles.
     M. Maginot commissaire de police du faubourg des Vosges, arrive aussitôt sur les lieux avec des agents qui organisent un sérieux service d'ordre. Le poste des pompiers fut prévenu par téléphone et quelques minutes après la pompe automobile arriva comme une trombe.
     Elle fut mise en marche et vers quatre heures l’incendie était éteint. Le feu a pris naissance dans le grenier, on suppose qu' une étincelle sera sortie de la cheminée et aura communiqué le feu à un tas de foin qui se trouvait à proximité.
     Une grande quantité de linge qui était suspendu au grenier a été brûlé, néanmoins presque tout le mobilier a été sauvé. Nos félicitations à toutes les personnes qui n' ont pas craint de s'exposer pour porter secours au sinistré.
     Nous félicitons particulièrement le Sergent de pompier Grasser et les pompiers qui ont fait preuve d'un courage remarquable. Les pertes de M. E… s'élèvent à 200 F et celles de M. P… à 1.500F. Tous deux sont assurés.

1913.
Belfort, 7 août.
     A 8h1/2 du matin, un commencement d'incendie s'est déclaré à l'arsenal du plateau des Chèvres dans un bâtiment où l'on répare les machines à vapeur. La pompe automobile se rendit très rapidement sur les lieux et put éteindre le feu.
     L'autorité militaire félicita le chauffeur pour sa prompte intervention et complimenta le Corps des pompiers. Les dégâts sont assez importants. On suppose que le feu a été communiqué à la toiture par une cheminée en tôle.

Extrait du rapport de la Place du 8 août 1913:
     « Dans la matinée du 7 août, un incendie s'est déclaré soudainement dans un bâtiment des Docks de l'Artillerie. La promptitude et le dévouement avec lesquels ont été apporté les secours ont permis de limiter rapidement l'importance des dégâts.
     Le résultat n’a pas été obtenu sans risques personnels très sérieux pour ceux qui ont pris part à l' extinction du feu.
     Le Général Commandant d'Armes adresse tous ses remerciements aux Officiers et aux sapeurs de la Cie de Pompiers pour le zèle intelligent et dévoué dont ils ont, une fois de plus, fait preuve dans cette circonstance. Le détachement du 35ème Régt. d’Infanterie a fait preuve de la meilleure initiative en se portant spontanément au feu prêtant ainsi le meilleur concours au dévoué personnel de la Cie d'ouvriers et du 9ème d'Artillerie à Pied.
                                                      Le Général Commandant d' Armes par intérim.
                                                                           Signé: De Cornulier Lucinère. »

Belfort, 28 novembre.
    Vers 9h 1/4 du soir, un incendie s'est déclaré dans le magasin de Mme V…, place de l'Arsenal, à l'angle de la rue du Canon d'Or. La modiste était absente depuis ½ heure, étant allée rendre visite à son Oncle.
     La pompe automobile arriva rapidement sur les lieux avec les pompiers de service de nuit. Tous les Officiers de la Compagnie de pompiers furent rapidement là. Le feu fut complètement éteint après une demi-heure de travail.
     La maison appartient à Mme Veuve A…. Le Rez de chaussée est très endommagé; Le premier étage et le second subirent des dégâts assez considérables; seul le troisième étage fut indemne.
     Tout ce qui se trouvait dans le magasin de Mme V…, meubles et marchandises, a été la proie des
flammes. Le magasin contigu, occupé par M. L…, bijoutier a pu être préservé.
     Le 1er étage était occupé par M. K…, facteur, atteint de paralysie et par Mme Vve S…, la propriétaire, Mme Vve A…habite le 2ème étage, et le 3ème est occupé par M. C… et M. G…
     Devant la violence de l’incendie, des territoriaux du Génie, Messieurs Bourderon Charles, Pantoux Louis, Lamboley Joseph et Lamboley Eugène, se précipitèrent dans les étages et opérèrent le sauvetage de M.K…. Toutes nos félicitations à ces braves et courageux soldats.
     On a remarqué sur les lieux du sinistre M. Fotanier Préfet, Les Généraux Rouquerol et Dumas, M. Bessière commissaire central.


1915.
Belfort, 17 avril.

     Un avion allemand a signalé sa présence au-dessus de la ville par le jet de plusieurs bombes. Il était neuf heures moins quelques minutes quand une explosion se produit à l'extrémité de la rue du Ballon, suivie à moins d'une minute d'intervalle d'une seconde en même temps que la façade d'une vaste maison à trois étages (maison Nodey place Loubet) était criblée d'éclats et que toutes les vitres étaient réduites en miettes.
     Le poste central a été prévenu qu'un incendie s'était déclaré. Les sapeurs pompiers
avec la pompe automobile se sont rendus à toute vitesse sur les lieux, mais ils n'eurent pas à intervenir. Tout danger d'incendie était écarté.
     Les bombes lancées par l'ennemi ont fait trois victimes. Mme G... a été grièvement blessée au coté par un éclat de l'engin au moment ou elle voulut tirer les volets de sa fenêtre. Une autre habitante de la rue, Mme C... est atteinte à la poitrine et son mari M. C... artilleur au 9ème Régimentt. d'Artillerie à Pied a reçu des éclats dans les jambes.
     Les victimes de la barbarie allemande ont été placées par les pompiers dans une ambulance militaire et transportées à l'hôpital civil rue de Mulhouse où on a craint un moment pour leur vie. L' artilleur C... a du subir l'amputation d'une jambe.

Angeot, 1 septembre.
     A 20 heures, le poste central a été prévenu par le bureau de la Place qu'un incendie important s'était déclaré à Angeot et que le Commandant du secteur demandait du secours.
     Un détachement de pompiers du central s'est rendu sur les lieux du sinistre avec la pompe automobile. Le manque total d'eau dans les environs de l'immeuble incendié et la distance du plus proche point d'eau étant de 1 200 mètres, n'a pas permis l'utilisation de la pompe.
     Le détachement de pompiers s'est borné à la démolition des parties embrasées, afin de protéger un dépôt d'essence situé à 80 mètres environ du sinistre. Il est rentré au poste à 23h45.

Belfort, 16 septembre.
     Vers 10h15, un incendie a pris naissance rue de Mulhouse dans un hangar en planches où était installé la teinturerie C...  Prés de la chaudière se trouvait un fût de benzine qui fit explosion et provoqua immédiatement de grandes flammes qui consumèrent rapidement le petit bâtiment de la teinturerie.
     Le feu, actionné par un vent assez vif et trouvant un élément très favorable dans la suite de bâtiments contigus, construits en bois, ne tarda pas à prendre de l'extension. Malgré la rapidité des secours apportés par la Cie de sapeurs pompiers et le Génie sous les ordres de Messieurs Deshaie et Wagner, deux autres maisons flambèrent à la suite de la teinturerie.
     Dans ces immeubles étaient les appartements et les remises de la maison B…, brocanteur, d'un serrurier et d'un sculpteur et les logis de 15 ménages, tous évacués, sauf trois. On ne put sauver que quelques effets, linge, et literie. Tout le reste devint rapidement la proie des flammes qui s'élevaient très haut avec une épaisse et âcre fumée noire.
     A midi la part du feu était faîte et tout danger avait disparu pour les maisons avoisinantes. Les deux pompes automobiles arrosèrent de torrents d'eau jusqu’à extinction du feu, sans relâche les immeubles embrasés. Il n’y a heureusement pas d'accident de personne à déplorer.

Toute la file de maisons dont une seule n'a pas été embrasée appartient à M. T... et est assurée au « Phénix. » M. B... est assuré aux Cie « Europe » et la « Prévoyante. »

1916.
Belfort, 20 février.

     A 4h35, la ronde des sapeurs pompiers s'est aperçue qu'une fumée âcre sortait par le couloir du Rez de chaussée du n° 49 du faubourg de France. Le sous-officier de ronde a fait prévenir le poste central.
Le feu s'était déclaré dans la cuisine attenante au magasin de M. M..., quincaillier.
     Les sapeurs du poste central avec la pompe automobile arrivaient rapidement sur les lieux et attaquaient énergiquement le feu. En peu d'instant, le feu s'est déclaré dans les combles de la même maison. Le dernier étage était seul habité et les deux locataires durent fuir en chemise par le toit mansardé. La grande échelle de 20 mètres fut immédiatement établie et les sapeurs sont parvenus à les sauver. Le feu des combles a été attaqué par l'extérieur. La cage d'escalier, quoique n'étant pas incendiée était impraticable par la suite du dégagement de la fumée provenant du Rez de chaussée. Après un travail opiniâtre, les pompiers étaient maître du feu au lever du jour. Les causes du sinistre sont inconnues.

1917.
Belfort, 9 février.

     A 3H30, un incendie s'est déclaré n° 1 faubourg des Ancêtres dans une maison appartenant à M. V…, au Rez de chaussée de laquelle était un magasin d'épicerie, droguerie, dit « Épicerie Centrale » tenue par M. K…, contenant une grande quantité de matières inflammables.
     En quelques instants le feu a pris une grande extension et envahi la plus grande partie du toit de l'immeuble qui comprend un étage.
     La pompe automobile se porte à toute hâte sur les lieux du sinistre. Par le fait de l'abaissement de la température, les secours ont été très difficiles. Les hydrants étaient gelés et ne purent fonctionner. On dut installer la pompe sur le quai Charles Vallet et utiliser l'eau de la Savoureuse par des trous pratiqués dans la glace.
     Le fléau fut vivement combattu par les pompiers qui l'attaquèrent avec un dévouement digne d'éloges. Il faisait un froid d'environ 21 degrés sous zéro et au bout de quelques temps de fonctionnement, la pompe automobile dut être chauffée extérieurement, étant arrêtée par le gel. L'eau projetée sur le brasier se congelait instantanément.
     Le feu a pu être circonscrit vers 9 heures du matin en dépit des difficultés occasionnées par la température, aux pompiers qui avaient leurs vêtements et leur casque transformés en glaçons.
La pompe automobile continua son action jusque vers 11 heures pour noyer les décombres.
     Le sapeur Guillemin est tombé du 1er étage sur le pavé et a été obligé de s'aliter. Son état n'inspire pas d'inquiétude.


Argésians, 24 mars.
     Prévenu par la Place qu'un incendie s'était déclaré dans le village d'Argésians, dont les autorités réclamaient du secours, le piquet d'incendie du poste central s'est rendu immédiatement sur les lieux avec la pompe automobile.
     L'incendie se trouvait dans une grande ferme occupée par la famille B... . En peu d'instants le feu avait complètement dévoré la grangerie où il a pris naissance et le corps de logis y attenant. Le mobilier, les denrées: blé, avoine, fourrage, paille etc.; tout le matériel de culture, voitures, charrues, outils aratoires ont été la proie des flammes.
     Les pompiers, malgré tous leurs efforts, n'ont pu que noyer les décombres et préserver les maisons voisines.

1919.
Belfort, 15 août.

     A 20 heures, dans un magasin situé 67 faubourg des Vosges, une guirlande de papier pris feu dans la devanture du magasin. Les étincelles tombèrent sur l'étalage composé uniquement de fusées et de pétards.
     Ceux-ci éclatèrent subitement démolissant toute la vitrine en faisant un tapage infernal et jetant la panique parmi les paisibles spectateurs passant en cet endroit. La pompe automobile se rendit sur les lieux peu après l'accident. Mais tout danger était écarté grâce au dévouement de quelques spectateurs et voisins courageux.


1920.
Belfort, 11 mai.

     Vers quatre heures, un commencement d'incendie s'est déclaré dans l'usine de teinturerie E…et D…, quai de Cronstadt (ancien établissement Buhl). La pompe automobile se rendit aussitôt sur les lieux. Les pompiers ont fait l'extinction complète et son rentrés au poste à 9 heures.
     Le central P.T.T. prévenu par M. E... a refusé de donner la communication avec le central des pompiers, d'ou perte de temps de 30 à 40 minutes.
Résultat: destruction complète de la couverture de l' immeuble incendié. Les dégâts sont évalués à 20 000 F.

1921.
Belfort, 2 février.

     Vers 1h30, un incendie s'est déclaré dans la blanchisserie Jeannelle, 2 rue de la Méchelle. M. Oswald, directeur des établissements Koechlin, voisin du bâtiment en feu, demanda les secours des pompiers par téléphone, mais malheureusement personne ne répondit au central P.T.T. Devant l'impossibilité de communiquer avec le poste central des pompiers, M. Oswald fit marcher la sirène de ses établissements, qui résonna lugubrement dans la nuit, réveillant la population. Il expédia sur les lieux la pompe de ses usines. Les pompiers, la pompe automobile arrivèrent peu après, ainsi que les pompiers de Valdoie et des usines voisines. Grâce aux efforts de tous ces braves, l'incendie put être maîtrisé au bout d'une heure de travail. Le feu avait pris dans l'atelier de repassage. Tous les bâtiments principaux furent préservés. La machinerie est intacte.
     L'alimentation des pompes a été difficile à obtenir. Après avoir vidé épuisé deux puits, il fallut aller en chercher jusqu' aux usines Koechlin (450 m). Les causes du sinistre sont inconnues.

1922.
Belfort, 7 janvier.

     Vers 12h45, un incendie s'est déclaré dans les locaux de l'imprimerie C… 16 avenue du Lycée. Le feu trouvant un aliment facile dans la colle et le papier, se propagea rapidement dans les ateliers, les bureaux et la provision de papier rentrée la veille.
     Les pompiers arrivés peu à prés sur les lieux, se sont rendus maître du feu après une heure de travail, ayant réussi à localiser le sinistre. Ils protégèrent les bâtiments de Messieurs M…, M… et O… Les deux bâtiments sont en partie détruits et les machines détériorées. Le bureau et le magasin ont été complètement brûlés, ainsi que tout ce qu'ils renfermaient. On ignore les causes de l'incendie.


1923.
Belfort, 26 septembre.

     Vers 2 heures, un incendie d'une rare violence se déclarait dans un immeuble appartenant à M. S… au n° 4 de la rue de Danjoutin, composé d'un Rez de chaussée et de deux étages.Cette maison était habitée par dix ménages (42 personnes). Le feu aurait pris naissance dans une cave.
     Les habitants du Rez de chaussée, réveillés brusquement par une fumée épaisse envahissant leurs logements, se réfugièrent, ainsi que ceux du 1er étage, au second étage, sans avoir le temps de se vêtir. Les pompiers prévenus par un jeune homme arrivèrent immédiatement sur les
lieux avec les deux pompes automobiles sous le commandement d'un Officier (Lt. Deshaie).
     En faisant la reconnaissance l'Officier remarqua que Rez de chaussée et le premier étage étaient déjà la proie des flammes, que toute communication avec l'intérieur de la maison était impossible, l'escalier étant complètement en feu et absolument impraticable.
     Tous les habitants au 2ème étage, incommodés par la fumée et les flammes qui commençaient à gagner cet étage, réclamaient du secours par les croisées. Au moyen d'une échelle à coulisses apportée par les voisins, le sauvetage de ces personnes, la plupart des femmes et des enfants, fut opéré.
     Vers 4h30, l’incendie était circonscrit, il ne restait qu’à noyer les décombres.
     Malgré la promptitude des secours, la toiture et tout l'intérieur de la maison ont été la proie des flammes. Rien n'a pu être sauvé. Les 10 ménages qui habitaient la maison sont sans linge, sans vêtements et sans abri. L'immeuble était assuré mais la plupart des locataires n'y étaient pas.

Belfort, 20 novembre.
     A 12h55, la Place signale qu'un incendie s'est déclaré dans un bâtiment de la ferme des Barres, située entre le Fort Hatry et l'usine à Gaz et servant de grange et d'écurie.
     Les pompiers se portèrent rapidement sur les lieux avec la pompe à incendie. La sirène du poste se fit entendre.
     Dés la première alarme, des militaires qui faisaient l'exercice à proximité accoururent et procédèrent au sauvetage des animaux. (15 bêtes à cornes, et 24 moutons.) Malgré toute l' activité déployée par les pompiers, ils ne purent éteindre l’incendie alimenté par du foin et de la paille. Ils durent employer tous leurs efforts à préserver la maison d'habitation et deux bâtiments voisins.
     Des lapins, des outils aratoires, 150 T de foin, 20 T de paille, ont été la proie des flammes. Un veau à demi brûlé a dut être abattu. La ferme qui est exploitée par M. R... appartient à Messieurs L... et D...


1925.
Belfort, 17 septembre.

     A 22h10, le poste central a été avisé par le téléphone de la police du faubourg des Vosges qu'un incendie venait de se déclarer dans une boulangerie située au 180 avenu J. Jaurès.
     Le poste de nuit se rendit aussitôt sous la conduite du Capitaine avec la pompe automobile à l'endroit indiqué. Arrivé sur les lieux, les sapeurs constatèrent que le feu avait pris naissance dans la chambre à four d'une boulangerie et s'était communiqué dans la réserve de bois placée dans les caves de l'immeuble indiqué.
Le feu trouvant un aliment facile dans ce bois, s' était étendu dans le logement du Rez de chaussée
habité par le boulanger lui-même, et de là, avait gagné la cage d'escalier.
     Immédiatement une grosse lance fut établie pour protéger la cage d'escalier et localiser l'incendie au Rez de chaussée. Une deuxième grosse lance installée à son tour opéra l'extinction dans la réserve de bois et la chambre à four.
     Au bout d'une heure d'efforts, l'incendie était conjuré, il ne restait qu'à noyer les décombres et opérer le déblaiement des matériaux enflammés. Tout danger étant écarté, le poste de nuit est rentré à une heure du matin.
L'immeuble en question renfermait de nombreux locataires qui n'eurent pas à souffrir du sinistre.

1930.
Belfort, 22 juin.

     A 14 heures le poste central était prévenu par téléphone qu'un incendie s'était déclaré à la tuilerie Dochtermann rue de Soisson n° 1.
     De suite les sapeurs sous le commandement du Lieutenant Grasser se rendirent à l'endroit indiqué avec une pompe automobile qui fut immédiatement mise en batterie à l’hydrant situé avenue des Trois Chênes.
     Vu l'importance du sinistre une deuxième pompe fut demandée et arriva peu après avec un détachement commandé par le Sous-Lieutenant Deshaie. Cette dernière fut installée à l'étang de la société Alsthom.
     Après 4 heures d'efforts, le feu était circonscrit, deux lances furent laissées pour noyer les décombres. Une garde fut désignée et resta jusqu’au matin à 4 heures. Les pompes et le détachement se retirèrent et sont rentrés au poste à 17h30.
Au cours de l’incendie, deux sapeurs furent blessés, ce sont:
    - Hauser Georges, sapeur qui a été blessé par la chute de tuiles et de briques à la main;
    - Steyer Camille, Caporal blessé au menton et brûlé légèrement à la main gauche.

 

1939.
Belfort, 8 janvier.

     A 12h30, le poste central des sapeurs pompiers était avisé par téléphone qu'un incendie s'était déclaré aux établissements Jacquot-Michaut 88 avenue J. Jaurès.
     Immédiatement le piquet d'incendie se rendit sur les lieux avec la pompe de 1er secours. En raison de l'importance du sinistre, et des matériaux aussi inflammables renfermés dans les hangars mitoyens, une deuxième pompe fut demandée en secours par l'Officier présent sur les lieux. Malgré 4 grosses lances en action, le feu cherchait encore à s' étendre. Une 3ème pompe fut
appelée en renfort et c'est au moyen de 6 grosses lances que les pompiers attaquèrent le feu.
     Après deux heures d'efforts, l’incendie était localisé. Il ne restait plus qu’à noyer les décombres, et particulièrement les dépôts d' anthracite, charbon de bois, briquettes et réserves de planches enfermées dans les hangars.
     Tout danger étant écarté, les pompiers se retirèrent à 20 heures après avoir laissé un service de surveillance, composé d'un Officier et 15 sapeurs pendant toute la nuit.
     Le Commandant est heureux de signaler le dévouement dont firent preuve en cette circonstance les Officiers, Sous-Officiers, Caporaux et Sapeurs de la Compagnie, qui tous rivalisèrent de zèle et de courage pour enrayer un sinistre qui aurait pu devenir très important en raison des matières inflammables entreposées dans les locaux incendiés, et de la proximité immédiate de maisons d'habitation.
    Les piquets d'incendie militaires présent sur les lieux se firent remarquer également pour leur dévouement et le précieux concours qu'ils apportèrent aux sapeurs pompiers.
Présent: Etat Major et toute la Compagnie - 3 Fourgons pompe.

1940.

Nous sommes pendant la seconde Guerre Mondiale. Pèriode de l'occupation allemande.
Belfort, 18 juillet.

     A 00h05, le poste central était avisé par un cycliste M. L…, habitant le quartier sous le Mont, qu'un violent incendie s'était déclaré dans l'immeuble n°5 rue Duvillard appartenant à M. R… Le piquet de garde se rendit immédiatement sur les lieux avec la pompe de 1er secours, suivit du gros Fourgon-pompe sous les ordres du Lt. Grasser et du S/Lt Deshaie, rejoint peu à près par le Capitaine commandant la Compagnie.
     Arrivée sur les lieux du sinistre le chef de détachement constate que l'immeuble à usage d'habitation ainsi qu'une construction annexe à usage de garage étaient entièrement embrasés et l’incendie menaçait de se propager à un immeuble mitoyen habité par M. M…
     D'autre part, le chef de détachement était prévenu que deux enfants, un petit garçon de 7 ans et une petite fille d'environ 11 ans étaient demeurés dans les flammes.
     A l'arrivée des secours, prévenus tardivement par suite du manque de communications téléphoniques, toute tentative de sauvetage était impossible. Deux grosses lances furent mises aussitôt en batterie.
   -  La 1ère en protection de l'immeuble mitoyen du bâtiment en feu;
   - La 2ième pour rabattre les flammes et noyer le brasier.
     Après trois heures d'efforts, les pompiers étaient maître du feu et pouvaient procéder à la recherche des corps des deux petites victimes.
     Le petit garçon fut découvert sous les décombres dans une chambre du rez de chaussée à l'angle
sud-ouest de l'immeuble, et la petite fille dans une chambre située au 1er étage à l'angle Nord-Ouest de l'immeuble dont une partie du plancher n'était pas détruite.
     Les pompiers continuèrent à noyer les décombres jusqu’à extinction complète. Tout danger étant écarté, le détachement était de retour au poste central à 7h50.
     L'immeuble n° 5 est totalement détruit. L'immeuble n° 7 mitoyen a été épargné et n'a subi que des dégâts par la pluie, la toiture ayant été découverte malencontreusement par des sauveteurs bénévoles.

1948.
Cunelières, 28 juillet.

Feu de ferme chez M. L….
     Le feu étendu sur une superficie de 300 m2 environ, intéressait la grange, le grenier et un hangar attenant, recouvert par le même toit prolonger, où était entreposé 50 T de foin et 2 T de paille.
     A notre arrivée le feu faisait rage et toute la toiture était effondrée. Le feu menaçait de se propager au corps de logis et à un hangar tous deux recouverts d'une toiture mitoyenne à celle du bâtiment sinistré.
Deux petites lances et une grosse lance furent établies.
     - Une petite lance sur le toit du corps de logis pour empêcher la propagation de ce coté, l'autre sur le toit du hangar dans le même but.
     - La grosse lance de plein pied sur l'autre coté du bâtiment préserve également les bâtiments voisins. Cette grosse lance par la suite fut transformée en une petite.
     Deux petites lances restèrent en manoeuvre au cours du déblai qui fut très long en raison des 50 T de fourrage qu'il fallut déplacer, malgré deux équipes civiles mises à notre disposition. Les deux écuries situés sous le grenier ont été préservées.


Isle sur le Doubs (25), 22 août.
     A 1h55, l'ambulance est partie pour un accident de chemin de fer à « La Prétière » prés de l'Isle sur le Doubs (25). Elle a effectué le transport de 8 personnes blessées sur l'hôpital civil de Belfort en deux voyages. Une camionnette s'est également rendue sur les lieux transportant une équipe d' ouvriers S.N.C.F. et leurs matériels sous les ordres du chef de dépôt de Belfort.

1949.
Sermamagny, 24 septembre.

A 5h15, demande de secours pour feu de maison à Bas-Evette route de Sermamagny.

     A notre arrivée, le garage de 20 m2 environ avec grenier contenant du fourrage, ainsi que la remise avec grenier de la maison d'habitation communiquant avec le garage, étaient la proie des flammes, de même que la totalité de la toiture.
     Deux petites lances furent mises en manœuvre. L'une ayant pour mission de préserver le corps de logis. Ce dernier aurait pu être préservé si le plafond en simple lattis et plâtre n' avait pas cédé sous le poids de la toiture effondrée.
     Dégâts, garage de 20 m2 environ, remise avec grenier, totalité de la toiture de la maison d'habitation complètement détruit.
     Corps de logis comprenant 4 pièces en partie détruit, meubles, literie, effets d'habillement et ustensiles ménagers. Camionnette, bicyclette brûlées ou détériorées.
Cause certaine : malveillance (vengeance d' un ancien commis).
Celui-ci a mis le feu après avoir assassiné le propriétaire et sa concubine.
     Au cours des déblais dans le garage, le corps de M. C…, négociant en poisson, âgé de 62 ans, propriétaire de la maison, ainsi que celui de sa concubine Mme V…, 28 ans, ont été retrouvés complètement calcinés dans les décombres du garage. Les corps des victimes ont été transportés par les pompes funèbres à la morgue de l'hôpital civil.
Accident:
     Au cours de l'extinction le sapeur Bischoff Jean de Belfort a subi une assez forte commotion électrique occasionnée par le contact de son casque avec un fil électrique sous tension. Après 15 minutes de repos, ce sapeur étant remis, a repris son travail. Les sapeurs pompiers de Sermamagny ont donné la main à ceux de Belfort dés l'établissement des lances et sont restés en surveillance après notre départ.


1951.
     Lors d'une intervention pour personne supposée noyée, les recherches des pompiers ne donnant pas de résultats, le maire de la commune et beau-père de la victime, demanda et obtint l'autorisation de vider le canal de la Haute Saône à Montbéliard.
     Alors que l'opération était en cours, la supposée victime fut retrouvée en ville et en excellente santé. Il s'agissait d' une fugue.


1952.
Sermamagny, 12 janvier.

     A 16h30, une demande de secours arrive par téléphone pour Feu de cave à Sermamagny chez M. S…
     Le Fourgon Normalisé en se présentant sur les lieux constate qu'il s'agit d' un feu de
remise et grenier. La cause est l'imprudence d'enfants jouant avec une bougie allumée.
     Le feu qui avait pris naissance dans la paille recouvrant des pommes de terre dans une remise au Rez de chaussée, s'est communiqué facilement au foin du grenier.
     L'incendie a été combattu avant notre arrivée par le propriétaire et des voisins à l'aide de seaux d'eau, puis par les pompiers de la commune au moyen d'une lance sur pompe à bras.
     A notre arrivée le feu du Rez de chaussée pouvait être considéré comme éteint. La lance de la pompe à bras manoeuvrait sur le tas de foin. 1 T de foin a été évacuée.
     Après notre départ, la surveillance a été assurée par les pompiers locaux.


Les mois de janvier et février sont riches en appels pour toitures surchargées de neige et feux de cheminée. Le personnel du Side-car est à la fête !
Cette année bissextile commence bizarrement.
     Aux derniers blocs de glace enlevés le 29 février, succède le 1er feu d'herbes sèches le 2 mars. Un feu d'herbes sèches sera d'ailleurs le 3 mars à l'origine d'un feu de 700 traverses de chemin de fer brûlées ou détériorées à la gare S.N.C.F. de Meroux.


Chalonvillars, 13 octobre.
Rapport du Lt Léon PETIT, Chef de Garde.

     A 17h35, demande de secours pour feu de bâtiment route nationale à Chalonvillars chez M. G…
     A notre arrivée à 17h50, le feu ravageait toute la partie supérieure du bâtiment, y compris le 1er étage habité, ainsi que la grangerie et l'écurie. Un baraquement en bois de 100 m2 environ distant de 4,5 m du bâtiment sinistré et à usage de garage et d'atelier de réparation était particulièrement menacé.
     18h15, le Chef de Garde, demande renfort de tous les tuyaux de 70 m/m disponibles. Le point d'eau utilisable le plus rapproché est l'écluse du canal à 1 Km du sinistre, avec une déclivité de 40 m.
     2 lances de 45 sont établies sur division alimentée par un établissement de 70 m/m comportant deux relais. Ces deux lances attaquent le feu en façade et préservent le garage.
     18h40, le C.S Valdoie demandé en renfort se présente. Il procède aussitôt à un deuxième établissement de 70 m/m qui est alimenté par la MPR 6O m3 de Belfort déjà en aspiration, et effectue deux relais en combinaison avec le personnel de Belfort. Les deux petites lances du CS Valdoie attaquent le feu par la façade arrière du bâtiment.
     23h00, le feu peut être considéré comme éteint, malgré un tas de foin assez important qui se consume dans la grangerie et dont l'extinction ne pourra être achevée qu' au matin par
déblai. Les quatre petites lances restent en manœuvre jusqu’à 2h00 du matin pour achever déteindre de nombreux foyers partiels et noyer les décombres.
     A 2h30, les secours de Belfort se retirent sur l'ordre du Cdt Inspecteur Claude, laissant la MPR 60 à disposition de Valdoie qui reste en surveillance avec deux petites lances.
     L'opération se termine à 12h00 le 13 octobre, le déblai ayant été effectué par des employés de la commune.
Tuyaux utilisés : 70 m/m : 2040 m – 45 m/m : 120 m.

Enseignement à tirer de ce feu.
     Les communes déshéritées en points d'eau, comme c'est le cas de Chalonvillars, devraient être mises en demeure de remédier au plus vite à cette pénible situation qui, en cas de sinistre, cause un retard considérable dans l'attaque du feu et nécessite un déploiement important de
matériel qui peut être très préjudiciable pour l'intervention sur un autre sinistre.

1955.
Bessoncourt, 5 septembre.

     Le cirque AMAR venait de terminer sa dernière représentation à Belfort et après avoir démonté le chapiteau, la caravane se dirigeait sur l'Alsace.
     Un brouillard épais rendait la circulation difficile. Arrivé à Bessoncourt, le camion citerne du service d'incendie du cirque, rata son virage et percuta le bâtiment agricole. 2 employés du cirque furent tués sur le coup.
     Le conducteur fut brûlé dans le dos, sa chemise aspergée d'essence enflammée qui avait été projetée du réservoir éventré.
     Le bâtiment a pris feu non par l’incendie du camion qui a d'ailleurs très peu brûlé, mais par la projection de l'essence enflammée. En un clin d’œil, le feu trouvant un aliment facile dans la charpente de bois recouverte de poussière de foin embrasa le bâtiment.
     Notre arrivée fut retardée par le brouillard qui gênait les conducteurs des véhicules du cirque et les empêchait de serrer leur triple attelage sur cette route qui ne permet le passage qu’à deux voitures.
Moyens mis en œuvre : 4 P.L sur poteau et MPR 60m3/h.
Présent sur les lieux: Procureur de la République, Président du Conseil Général, Maire de Bessoncourt.


1961.
Le Corps occupe sa nouvelle caserne rue d'Offemont, qui deviendra l'avenue Jean Moulin.

10 mars.
Feu de grangerie à MEROUX route de Vézelois. 20 tonnes de fourrage, 20 quintaux de graines et le matériel agricole sont détruits.

9 mai.
Feu de comble à la caserne Freidrich. 700 m2 de toiture et charpente sont détruits. 4 PL - F.P.M - E.M - 1 F.P.T - F.Cdt.

3 septembre.

     Le cirque PINDER est installé place de la Résistance à Belfort. Le samedi soir, une représentation s'est déroulée sans incidents et le service de surveillance n’a rien trouvé d'anormal lors de sa ronde de fin de spectacle.
     A 04 h 30, le premier appel arrive au standard suivit d'une vingtaine d'autres. Au fur et à mesure de leurs arrivées, on sait que la situation s'aggrave de minute en minute.
     A l'arrivée des secours, le feu intéresse une bonne partie du chapiteau coté Sud-Est. Le vent est faible mais un orage s'abat sur la ville depuis 04 h 00 du matin.
     Le feu se propage assez vite dans trois directions et se trouve à 5 m des gros mats qui soutiennent tout le chapiteau. Le personnel du cirque attaque le feu avec des extincteurs CO2 sans aucun résultat.
     Le FPT1 arrive sur les lieux et établi 2 G.L pour attaquer le haut du chapiteau coté Sud-Est. Le FPT2 établi une troisième G.L à l'entrée principale coté Est. Elle complète l'action de G.L 1 et 2, et arrête le feu qui se dirige vers cette entrée. Une 4ième G.L est établie sur le FPM, et mise en manoeuvre à l'entrée principale à l'intérieur du cirque, avec pour mission d'attaquer au jet pulvérisé les foyers partiels et de refroidir la partie du chapiteau intact. Le feu a été arrêté à 50 cm environ des deux mats centraux.


24 septembre.
     A 13 h 10, les pompiers d'Héricourt (70)demandent renfort pour feu de hangar agricole et feu de fermes à Héricourt.
     A l'arrivée des secours, le hangar ainsi que la ferme qu'il jouxte sont embrasés, et trois autres fermes limitrophes commencent à prendre feu.
     9 GL et 4 PL seront établies par les Corps de Héricourt et pompiers de la Cotonnerie, Villersexel et Belfort.
     Les secours du CSP rentreront pour repartir aussitôt combattre un feu de bâtiment agricole (300 m2) à Saint Dizier l’Évêque. 3 PL seront mises en manœuvre.

3 octobre.
     Les secours sont demandés pour un feu de charbon aux établissements Journot avenue J. Jaurès à Belfort. 25 tonnes de briquettes seront déblayées.


1962.
La 1ère année à la caserne avenue Jean Moulin va se terminer.

23 février 1962.
     A 19 h 23, le stationnaire reçoit un appel des gardiens de l'usine Alsthom pour Feu à l'usine ». C'est le bâtiment 302 qui est en feu.
     L'alerte est donnée au service incendie de l'usine (3 hommes de garde) à 18h55 par une femme de ménage qui aperçoit de hautes flammes sortant de la toiture. Les ouvriers de l'atelier ne se sont aperçus de rien. C'est l'effondrement dans l'atelier des premiers ourdis qui leur fait prendre conscience du sinistre.
     Les secours de Belfort ne sont avertis que 28 mn après la découverte du sinistre.
Dés l'arrivée au carrefour rue d'Offemont / Champ de Mars, le personnel comprend qu'il part sur un « gros feu ».  Le sinistre est visible, demande est faite par radio de mettre le FPM en pré-alerte.
     A leur arrivée, la situation est la suivante: 7 sheds sont en feu et l’incendie favorisé par une bise violente progresse vers le Sud. Il menace les dépôts d'huiles et vernis des magasins, des cuves de vernis, des cellules électriques et un dépôt d'hydrogène.
Les pompiers de l’Alsthom avaient établi ou établissaient 3 GL et 6 PL.
     Le FPT Belfort établit une GL qui, pénétrant par l'Ouest, à pour mission de protéger les magasins.
     Le Chef de Garde demande renfort du FPM mais celui-ci vien de partir pour un violent feu de combles rue de la République à Belfort.
     Le CSP ne dispose plus à l'instant de renfort en personnel. Le stationnaire fait partir le CS Valdoie qui se présente à 19 h 58, et établi une GL pour attaquer la façade Ouest.
     A ce moment, le feu était circonscrit et il semblait possible de passer le message « Maître du feu » dans un délai très court. C'est alors que l’incendie progresse à nouveau vers le Sud défendu par les lances Alsthom.
     On constatait alors que des lances étaient abandonnées par leur personnel et que d'autres étaient sans eau, les pompes étant arrêtées faute d'essence.
     A 21 H 00 le CS Delle est demandé en renfort et le CS Grandvillars mis en pré-alerte et gardé en réserve.
Dés son arrivée, le CS Delle établit deux GL et attaque la façade Sud. Le F.P.G.P du CSP, en aspiration dans l'étang Alsthom établit deux LGP qui ne seront pas utilisées.
     A 22h00 le message « Maître du feu » est passé. Les derniers secours se retireront à 02h00.


Mort du Sergent Weingand
     Depuis 19 h 23 les secours sont engagés à l’Alsthom. A 19h30, un appel (suivi de beaucoup d'autres), arrive au CSP pour feu de toiture 21 rue de la République à Belfort.

Extrait du rapport du Capitaine Berreur Chef de Corps:

     « Alors que depuis 7 minutes, nous venions de partir pour feu aux usines Alsthom, un nouvel appel nous parvenait pour feu de combles.
     Le Sergent Weingand chef d'agrès au FM qui se tenait prêt à partir en renfort à l’Alsthom partait en premier départ pour le feu de combles. Au bout de quelques minutes d'attaque, il s'écroulait asphyxié après avoir donné les premiers ordres et fait demander l'échelle sur porteur (l’EM étant engagé à l’Alsthom).
     A l'arrivée de l’EP, l'équipe du FM avait établi 2 PL et attaquait par l'intérieur. Le Chef de Corps, au reçu du message d'asphyxie du Sergent Weingand partait avec le Fourgon Asphyxié, mettait en œuvre les soins et prenait le commandement de l'attaque.
     1 GL était établie par le FM sur l’EP avec pour mission d'attaquer les mansardes Sud en attendant que les PL puissent progresser dans cette direction.
     La fumée très dense (caoutchouc, duvet, chiffons), rendant toute visibilité impossible, le FPT établissait 1 GL qui par les escaliers atteignait l'extrémité Nord et arrêtait la propagation au bâtiment contigu et à l'aile Est.
     L'attaque fut rendue très dure d'une part par la chaleur du foyer, et par l'abondance de fumée et de la chaleur. (Il s'agissait d' un véritable type feu de cave.)
     La température extérieure semble avoir jouée un rôle (-4°) et il semble que la masse d'air froid qui dominait le bâtiment empêchait l'évacuation des fumées et de la chaleur.
     Le Sapeur Hennequin Claude fut victime d'un début d'asphyxie et reçut les soins du docteur Braun, médecin chef, présent sur les lieux depuis l'accident du Sergent Weingand.

Le feu intéressait les combles et des mansardes.
Dégâts: 300 m2 de toiture et charpente, 1 appartement mansardé.
Moyen d'extinction: 1GL et 1 PL sur FM, 1 GL sur FPT.
Engins: FM - FPT - EP - F asph - VSAB - F pro. »

11 avril
Pour cette adresse, les Anciens avaient coutume de dire: « On sait quand on part, mais pas quand on revient ! »
     A 05h05, les secours sont demandés pour feu à l'usine Rosendaal à Chévremont.
     A l'arrivée des secours, 100 T de déchets de coton brûlent, plus exactement le feu « goume » à l'intérieur du coton.
     2 G.L sont mises immédiatement en manoeuvre pour l'extinction principale. Elles seront transformées en P.L et l'extinction finale se fera par le déblai méthodique de la masse.
     Le message « Opération terminée » sera passé le 13 avril à 11h20.

1969.
27 août.

     A 06 h 50, le stationnaire reçoit un appel pour « Camion de produits chimiques retourné à Foussemagne devant le café d'Alsace. »
     Ne pouvant obtenir d'autres renseignements, il fait partir : 1 FPT, 1 FIN, 1 Fourgon de Dégagement, 1 VSAB. Il alerte le Chef de Corps et la gendarmerie.
   

Le VSAB se présente à 07 h 05 et à 07 h 06 passe le message que le camion transporte du « Désopropylamine.»  Le conducteur ne peut donner d'autres renseignements et ne possède pas de fiche technique de transport.
     A 07 h 15, nous connaissons par le conducteur l'adresse et le téléphone de l'entreprise située à LA CHAMBRE en Savoie.
     A 07 h 20, le Chef de Corps obtient un responsable du service de sécurité de l'expéditeur et sait alors qu'il s'agit « d’Isopropylamine. » La fiche technique du CSP permet de connaître les dangers et ces renseignements sont transmis par radio au Chef de Garde.
     Pendant ce temps, celui-ci constate que l'accident concerne une semi-remorque couchée sur le coté. Par des fissures non visibles, le contenu se déverse sur le sol et par un caniveau rejoint directement le canal de fuite du moulin de Foussemagne. Le liquide dégage une vapeur blanche irrespirable.
     Le Chef de garde fait évacuer toutes les habitations dans un rayon de 100 mètres. Deux G.L sont misent en manoeuvre pour abattre les vapeurs, refroidir le réservoir et diluer le produit.
     Le Chef de Corps se présente à 08 h 06 et prend la direction des opérations.

     L'ingénieur de sécurité venant de Chambéry se présente à 16 h 41 et un camion citerne vide à 17 h 44. Le dépotage ne pourra commencer qu'à 19 h 00. La citerne contenant encore plus de la moitié de son chargement, il est impossible d'enlever la plaque du trou d'homme et les vannes à opercules ne permettent que le passage d'un tuyau d'aspiration de 20 mm.

A 02 h 45 le 28 août, le dépotage est terminé. Le véhicule remis sur roue à 10h24.
L'opération se termine à 12 h 00.
Caractéristiques de l'Isopropylamine:
- extrêmement inflammable (point éclair inférieur à 50° C);
- extrêmement toxique;
-
brûlures par contact.

 

1972.

18 janvier.                                                         construction_sigle

Feu rue de Brasse Belfort

 

 

 

11 juin.
A 17 h 33, le stationnaire reçoit un appel des Pompiers de l' usine Alsthom pour feu dans l'usine secteur 6.
     A l'arrivée des secours, le feu intéresse les 3/4 du bâtiment 59, d'une superficie de 900 m2 et un vent violent (Sud Nord) dirige les flammes vers le bâtiment 60 qui commence à brûler. Ces bâtiments sont à simple Rez de chaussée ou à un niveau, construction en dur avec charpente bois.
     Ce jour étant un dimanche, il n’y a pas d'ouvriers et le feu est découvert par un pompier de l'usine qui sort du poste situé à proximité des bâtiments sinistrés.
     A notre arrivée, 2 P .L sont en manoeuvre par les pompiers de l'usine coté Sud. Ordre est donné par le Chef de Garde du CSP d'enlever la division alimentée et de mettre une G.L à la place. Les P.L étant inefficaces. Cette G.L attaque le foyer principal.
     Deux G.L sont mises en manoeuvre par le FM du CSP entre les bâtiments 59 et 60. Elles ont pour mission d'arrêter la propagation et d'attaquer le foyer principal. Une 4ième G.L est mise en manoeuvre sur l’EPA avec pour mission de renforcer l'action sur le foyer principal coté Sud.
     Le CS Valdoie se présente sur les lieux, et ordre lui est donné d'établir un 5ième G.L à l'Ouest du bâtiment 60 et entre les deux foyers. Une 6ième G.L est mise en manoeuvre dans les ateliers de réparation électrique.
     A 18 h 19, le message « feu circonscrit » est envoyé. Les porte-lances situés entre les deux bâtiments avancent avec difficulté. La chaleur est telle qu'il faut les faire arroser par les autres lances.

     Le message « Maître du feu, 6 G.L en manoeuvre » est envoyé au CSP, et le feu est considéré comme éteint à 18 h 50. Certaines G .L sont transformées en P.L et attaquent les foyers partiels.
     Après une reconnaissance effectuée avec le chef des pompiers de l'usine, les secours du CSP sont retirés à 19h04. Le CS Valdoie reste à disposition jusqu' à l'arrivée des renforts en personnels des pompiers de l'Alsthom.

1973.
24 novembre.
Feu magasin de meubles MOUGIN à Trévenans.

Cet établissement à une superficie de 4 000 m2. Il est entièrement isolé des tiers.
     Sur toute la longueur et à l'Ouest est disposé le magasin de meubles. Au nord est accolé un atelier d'entretien. L'atelier, le dépôt de meubles, ainsi que la partie Sud du magasin comprennent un Rez de chaussée et un étage. La partie située le long de la route nationale est à simple R d C.
     La construction est pour moitié en dur, l'autre moitié en léger avec de grandes baies vitrées. Les locaux intérieurs sont très mal isolés entre eux. Plusieurs entrées permettent d'accéder dans l'établissement.
     A l'arrivée des secours, le feu intéresse l'atelier d'entretien et une partie du dépôt de meubles, soit une surface de 600 m2 environ. Les flammes sortent du toit, la charpente métallique s'est déjà effondrée.
     Le feu se dirige sur deux fronts. Vers le magasin situé au Sud/Ouest et vers le dépôt et magasin Nord.
     Une chaleur très importante se dégage du foyer ce qui gène les équipes d'attaque. Il n'existe pas de moyens de secours dans le magasin hormis les extincteurs. Un seul P.I. situé à 200 m est installé pour défendre une telle surface.
Le personnel du FPT met en manœuvre deux G.L:
     - la 1ère dans le dépôt pour arrêter le feu qui se dirige rapidement de ce coté;
     - la 2ième au Sud dans l'atelier avec pour mission de progresser en direction de la G.L n°1 et d'attaquer le foyer principal.
     La MPR 60 m3 en aspiration dans le canal aliment une 3ième G.L établie par le personnel du F.I.N. Elle renforce la 1ére G.L.
     Une P.L est mise en manœuvre dans le magasin pour éteindre les débuts d'incendie qui se déclarent par rayonnement.
     Les trois G.L sont transformées en 6 P.L et pénètrent dans le bâtiment. Le déblai est effectué simultanément pour faciliter l'extinction des foyers partiels.
     Une relève est demandée pour 00 h 00. Le message feu éteint passé à 00h40. Une deuxième relève se présente à 07 h 00. Ces cinq hommes restent sur les lieux jusqu’à 11 h 40.
     Un incendie important s'est déjà déclaré dans un magasin MOUGIN situé en face et de l'autre coté de la route au mois de juin 1973.
     Le sinistre qui aurait nécessité 6 G.L est éteint avec 3 G.L et 1 P.L car un seul P.I est disponible. Le personnel d'attaque s'est surpassé et avec un mépris du danger a évité une catastrophe. Je propose pour des félicitations les gradés et sapeurs dont les noms suivent... (10 )

1974.
13 janvier.

A 01h37, deux appels sont reçus au standard pour fumée anormale 18 Fg de Montbéliard à Belfort. L'adresse correspond d'une part à la Maison des Œuvres et d'autre part au magasin d'articles de sports « La Hutte. »
     Le bâtiment d'une surface de 600 m2 comprend plusieurs locaux. Le magasin de vente à l'Est est bordé par le Fg de Montbéliard. A l'Ouest, et en prolongement du magasin, le dépôt dans lequel se trouvent les stocks d'articles de sport. Ce dépôt comprend un Rez de chaussée et un sous-sol dont le seul accès possible est un escalier situé au fond du magasin de vente. Au bout du dépôt se trouve l'atelier de réparation de skis.
     Au Sud, une partie du bâtiment est accolée à un bâtiment d'habitation (Maison des Œuvres) dont les salles de réunions se trouvent au-dessus du magasin de vente.
     Au Nord, le magasin est accolé à un immeuble d'habitation.
     Au-dessus du dépôt, formant 1er étage, plusieurs pièces font office de dépôt de meubles, et un appartement utilisé par l'aumônier militaire.
     L’incendie est découvert par un prêtre dont les fenêtres de chambre donnent au-dessus du bâtiment sinistré.
     A notre arrivée, une épaisse fumée se dégage par un soupirail et les fenêtres situées dans la cour. Tout le magasin de vente est envahi par les fumées. Toutes les portes sont fermées à clé et possèdent des barreaux ainsi que les fenêtres. A l'arrivée du gérant, nous pénétrons, sous A.R.I, dans le magasin. 4 P.L sont établies simultanément.
     - La 1ère attaque le foyer principal situé en sous-sol par un soupirail après avoir brisé les carreaux.

     - La 2ième dans le magasin par le Fg de Montbéliard et son personnel tente de descendre par les escaliers pour attaquer le feu. Il doit renoncer devant la chaleur intense et les explosions et projections des bouteilles de gaz. Cette P.L empêche la propagation au magasin.
     En effet, bien que l'escalier présente deux angles droits, de violentes flammes parviennent parfois à remonter jusqu’au Rez de chaussée. Le rayonnement est très intense et le personnel lutte véritablement au corps à corps.
    - La troisième P.L est donc mise en manœuvre pour soutenir la 2ième et protéger sont personnel très exposé.
    - La 4ième PL est mise en manœuvre par une fenêtre du Rez de chaussée sans pouvoir toutefois pénétrer à cause des barreaux.
     Un FPT est demandé en renfort et se présente à 02 h 15. Son personnel établi une G.L et pénètre de quelques mètres dans le sous-sol par un soupirail.
     Le Chef de Corps se présente à 02h36 est demande un 2ième FPT qui se présente à 02h55.
     Une 2ième G.L mise en manœuvre dans la cour pénètre par une porte située au bout de la réserve du Rez de chaussée et attaque l’incendie du sous-sol par un vasistas se trouvant dans les w.c. Cette G.L attaquera ensuite le foyer par une trouée faîte dans le plancher de la réserve du Rez de chaussée.
     Les 5ième et 6ième P.L sont établies sont établies au 1er étage et éteignent les commencements d'incendie qui se déclarent dans les planchers.
     Malgré plusieurs essais de ventilation naturelle ou artificielle, nous ne pourrons atteindre le foyer initial que vers 06h00 du matin. Le message « Feu éteint » est passé à 07h09.
     Le déblai dure jusqu'à 16h20 et deux hommes restent sur place jusqu'à 20h00. Toutes les deux heures une ronde est effectuée. La dernière le 14 janvier à 07h00.

28 janvier.
A 14 h 49, les secours sont demandés pour « Feu d'atelier dans un magasin d'ameublement » 33-35 Fg de France à Belfort. Il s'agit de l'établissement « l'Hôte Jeune. »
     Les trois premiers niveaux sont à usage de magasin de vente et exposition de meubles. Le quatrième sert de réserve de meuble et le cinquième est à usage d'atelier de réparation, vernissage, menuiserie et tapisserie.
     A ce cinquième niveau on trouve: 1 compresseur, 1 scie à ruban , une machine multiple, divers outils portatifs, de nombreux meubles en cours de réparation, des vernis, diluants, des coussins et des coupons de mousse de plastique.
     Depuis le Fg de France, une entrée permet l'accès au trois premiers niveaux. Depuis la cour arrière un escalier d'une unité dessert tous les niveaux. C'est le seul point d'attaque par les moyens existants. Pour rejoindre cet escalier, il faut emprunter un passage de 3,5 mètres mais dont moins de 3 sont utilisables.

Cause du sinistre.
     Un ouvrier utilise un produit à base d'éther pour décaper une table. Se rendant compte qu'il y a beaucoup de vapeur dans l'atelier, il met en marche l’extracteur électrique. C'est immédiatement l'embrasement del'atelier. Après avoir, sans succès, utilisé trois extincteur à eau pulvérisée, il abandonne les lieux en laissant la porte de l'atelier ouverte, et rejoint le Rez de chaussée donner l'alarme.
     A l'arrivée des secours, le feu intéresse la totalité de l'atelier de vernissage, la menuiserie, et l'entrée de la tapisserie. Alimenté par les vernis et produits divers, les meubles et bois ouvrés, l’incendie se développe rapidement et menace l'habitation contiguë. Les plastiques dégagent une fumée épaisse et toxique qui gène considérablement l'attaque.
     Le personnel établi 2 P.L renforcées par un R.I.A du 4ième étage et attaque le feu par l'unique escalier. Il est bloqué à ce niveau par le feu et malgré ses efforts ne peut progresser. L’EPA ne peut pénétrer dans la cour.
     Le Chef de Garde demande 1 FPT et l’ESP en renfort. Les deux engins se présentent à 15h04. Ordre est donné au personnel de l’ESP de mettre l'échelle dans la cour et d'établir une G.L qui, par une fenêtre, tentera d'empêcher la propagation à l'habitation.
     A 15h19 le Chef de Corps prend la direction des secours.
     Le personnel du FPT passant par les magasins de vente puis, en utilisant une échelle à crochets, réussit à établir deux P.L dans les combles et peut attaquer le feu qui s’y propage. La progression, malgré les efforts des personnels sous A.R.I, ne se fait que lentement. Il faudra réaliser une trouée dans l'épais bardage de la toiture pour évacuer les fumées et diminuer la chaleur.
     La protection des étages de vente se fait parallèlement à l'attaque. Les meubles sont bâchés par le personnel disponible et le personnel du magasin.
     A 15h43, le message « Maître du feu » est envoyé. A 19h00 le déblai est terminé. Une surveillance restera en place jusqu’au 29 janvier à 09h50.
     Au cours de l'attaque, un intoxiqué et un blessé sont à déplorer.
     Si, par sa surface, l’incendie ne peut être considéré comme un grand feu, la situation du bâtiment, sa conception au niveau de la toiture, les accès, ont rendu l'attaque particulièrement dangereuse. Les gaz, fumées, chaleur ne pouvaient s'évacuer alors même que la charpente apparente était entièrement embrassée. La situation atmosphérique rendait également leur évacuation difficile par les fenêtres.L' ensemble de ces circonstances a rendu les opérations très dures et a demandé de la part du personnel un très gros effort physique et beaucoup de courage.
     Malgré l'emploi des A.R.I, presque tous les gradés et sapeurs du premier départ ont dus être relevés pour bénéficier d'inhalations d'oxygène.
     Si tout le personnel est à féliciter, les équipes du FPM et de l’EPA sont à citer.


23 mars.

     A 01h17, plusieurs appels arrive au CSP avec comme indications « Feu aux établissements A.R.E. » Il s'agit d'un atelier de mécanique générale 1 rue Clémenceau à Belfort. Situé en centre ville, sa superficie est d'environ 1350 m2.
     A notre arrivée, le feu intéresse l'aile Nord et se dirige avec grande rapidité vers l'aile Sud. 1000 m2 sont en feu.
     Le FPM et l’EPA se présente à 01h17. Le Chef d'agrès du FPM donne l'ordre d'établir immédiatement 2 G.L. La première sur le foyer principal, la deuxième dans les ateliers. Elles attaquent le feu de plein pied. Le conducteur du FPM alimente son engin sur la B.I située Fg des Ancêtres angle rue Clémenceau. (La B.I la plus proche se trouvant sous quelques m3 de sable…)
     A 01h30, le FPT est demandé en renfort. Il se présente, ainsi que le Chef de Garde, à 01h32. Aussitôt une troisième G.L est mise en manœuvre dans la cour Ouest de l'institution Ste Marie et une quatrième G.L sur l’EPA.
     Le Chef de Corps prend la direction des secours à 01h35. Il donne l'ordre d'établir une cinquième G.L sur la terrasse d'un garage des ateliers A.R.E située au bout de l'aile Sud coté Est. Sa mission est d'attaquer dans les stocks du 1er étage.
     Les porte-lances doivent être vigilants car de nombreuses explosions se produisent. Il s'agit de bombes aérosols. Certaines fusent et explosent en l' air. Certaines seront retrouvées à plusieurs dizaines de mètres du sinistre, ainsi que sur les toits environnants.
     Au fur à mesure que les porte-lances progressent, plusieurs G.L sont transformées.
     Le message « Feu circonscrit » est passé à 01h57, « Maître du feu » à 02h09, et « Feu éteint » à 02h33. L'extinction des foyers partiels se poursuit jusqu'à 07h00 et la surveillance à 09h30.


1975.
19 décembre.

A 20h05, nous sommes appelés pour feu de cheminée au n° 5 rue Balzer à Belfort.
     Le bâtiment sinistré situé dans une impasse est un immeuble comportant les n° 3, 5, 7. Il comprend un Rez de chaussée, deux étages et des greniers. Il y a deux appartements par niveaux.
     A l'arrivée des secours, le personnel se trouve en présence d'un feu de cage d'escalier à partir du 1er étage. Il est impossible d'accéder aux appartements des 1er et 2ième étages. Ils dégagent deux personnes dans la cage d'escalier et demandent renfort au CSP à 20h10.
     Pendant la demande de renfort, une femme se jette par une fenêtre du 2ième étage, et le sapeur Demougeot a juste le temps de recevoir dans ses bras un enfant de 11 mois. Le père de cet enfant malgré les appels au calme saute également. M et Mme C…, les deux victimes sont évacuées
ainsi que leur bébé sur le centre hospitalier par les VSAB demandés sur les lieux. D'autres personnes seront évacuées au fur et à mesure des sauvetages.
     A l'arrivée des renforts, le feu intéresse la cage d'escalier à partir du 1er étage, les quatre appartements et les greniers. Les flammes sortent par le toit.
     La LDT est mise en manœuvre dans les escaliers. Le personnel des échelles et des VSAB effectue les sauvetages de 8 personnes bloquées dans les étages.
     Un FPT est demandé en renfort à 20h20. Une P.L pénètre par un logement du 1er étage et renforce l'action de la LDT. Une G.L est mise en manœuvre sur l’EPA et attaque le feu qui par les greniers et la toiture se dirige vers le n° 7.
     Deux autres P.L sont mises en manœuvre. L'une dans l'arrière-cour du n° 5 et sur échelle à coulisses. Elle pénètre sur le palier du 2ième étage et rejoint la LDT. Ces deux lances opèrent l'extinction de la cage d'escalier et pénètrent dans les combles. L'autre P.L attaque le feu qui se propage dans les greniers du n° 7. A cet endroit, l’incendie est rapidement maîtrisé. Une 2ième G.L est mise en manœuvre sur l’EPSA.
     Le message « Feu circonscrit » est envoyé à 20h57. Le feu baisse d'intensité. Les 2 G.L sont transformées en P.L qui pénètrent dans les combles par l'extérieur à l'aide des échelles aèriennes.
     Le déblai se fait le lendemain à la lumière du jour. Une surveillance reste jusqu’à 10h54 le 20 décembre. Plusieurs rondes sont effectuées dans la journée.
Cinq hommes ont été intoxiqués ou blessés pendant l'opération.
     Le froid très vif (-20°) a compliqué le travail. L'eau gelait dans les tuyaux si une lance était fermée trop longtemps. Des établissements ne purent être enlevés que durant la journée. Les habits mouillés du personnel gelaient sur eux rendant les mouvements maladroits. Cela fut la cause d'un certain nombre d'accidents.
     Le personnel de la V.Fch et du FPM s'est particulièrement distingué (suit une liste de 6 noms.) En ce qui concerne le reste du personnel, il a fait preuve de courage et d'esprit d'initiative.


Et la même nuit ...
L'équipe d'attaque relevée à 23h45, rentre au CSP, se change et remet le matériel en état.
Peu de temps après, à 01h00, elle part en renfort avec le FPGP pour un feu d'exploitation agricole sur la commune de Grandvillars. Elle met en manoeuvre une L.C.R après avoir établi une ligne d'alimentation de 600m dont une grande partie, 400m, à la main à travers champs. Le FPGP étant en aspiration dans un rivière.

1978.
13 janvier.

14h05. Une quinzaine d'appels arrivent sur l'automatique 18 du CSP. Ils signalent un feu au magasin « La Hutte » 18 Fg de Montbéliard à Belfort.La mémoire de certains d'entre-nous, se reporte quatre ans plus tôt, jour pour jour.
     Le bâtiment est à usage de magasin de vente, atelier de réparation et de dépôt d'articles de sports.
Il se compose:
     - D'un sous-sol utilisé comme dépôt d'articles de sports et de camping. Surface de 150 m2 environ. Accès par deux escaliers. 1 pour la clientèle depuis le magasin
(il a été construit après l’incendie de 1974, ndr)le second, situé au fond du sous-sol, est réservé au personnel et sert d'issue de secours.
     - Rez de chaussée, où se trouve le magasin de vente proprement dit. Il comprend des bureaux et un atelier de réparation. Superficie 450 m2 environ.
     - Premier étage. Un appartement, bureaux, chambres à coucher, salle de réunion, toilettes. Accès par un escalier extérieur donnant sur une cour et par l'escalier venant du sous-sol.
     Les secours composés de 1 FPT, 1 EPA et VLr se présentent à 14h08. La situation est évidente: le Rez de chaussée est totalement embrasé. Le feu se propage vers l'étage et le sous-sol.
     1 FPT est demandé immédiatement en renfort. La fumée et la chaleur sont extrêmes vu l'importante quantité de produits synthétiques stockés dans le magasin. Tous les accès sont verrouillés.
     Le Chef d'agrès FPT ordonne l'établissement d’une G.L pour attaquer le foyer principal par l'entrée Fg de Montbéliard et de deux P.L par la cour, 1 dans l'atelier de réparation, la seconde par une fenêtre des bureaux.
     Le personnel de l’EPA aide aux établissements et effectue les reconnaissances.
     A l'arrivée du FPT2, ordre est donné d'établir une G.L et deux P.L par l'entrée principale. Il est indispensable de faire baisser le potentiel calorifique important qui empêche toutes progressions, notamment vers le sous-sol.
     A 14h20, le générateur moyen foisonnement est demandé et le CS Valdoie appelé en renfort au CSP. Dés son arrivée, le moyen foisonnement est mis en œuvre par deux générateurs.
     A 14h26, demande d'un VSAB et du médecin S.P.
     A 14h44, demande du F.Pro et du GER.
     Le message « Maître du feu » est passé à 14h58 et « Feu éteint » à 15h13. Deux P.L restent en manœuvre.
     A 15h49, le personnel du CS Valdoie relève celui du CSP. Une surveillance reste sur les lieux jusqu’au 14 janvier à 08h00.
     Au cours de l'opération deux sapeurs pompiers sont légèrement blessés. 15 feront
l'objet d'une citation collective à l'ordre du Corps.

20 juin.
00h27, le stationnaire du CSP reçoit sur l'automatique 18 une demande pour feu aux établissements Magraner rue de Wissembourg à Belfort. Pas d'autres indications.
     Il s'agit d'un entrepôt de denrées alimentaires, particulièrement des primeurs, et il sert également d'entrepôts frigorifiques et de chambres de mûrissage pour un stock d'environ 25 tonnes de bananes. Sa surface au sol est de 300 m2 environ. Un entrepôt contigu de 1500 m2 contient des emballages et des produits divers.
     Les secours composés de 1 FM, 1 EPSA et 1 VLr se présentent à 00h30. La situation est la suivante:
     - L'ensemble de l'entrepôt est embrasé. La toiture est percée en deux endroits. Une propagation en direction de l'entrepôt de 1500 m2 se développe.
     - Des véhicules de chargement sont accolés au quai de transbordement et commencent à brûler. Ils nous gêneront considérablement au cours des opérations.
     Le Chef d'agrès du FM commande l'établissement de deux G.L. L'équipe de l’EPSA établie 1 G.L et alimente le FM.
     Devant l'importance du sinistre, le Chef de garde demande immédiatement renfort de 1 FPT, 1 EPA, du FDGP, ainsi que le rappel des pompiers volontaires du CSP et du C.S Valdoie.
Immédiatement deux problèmes se posent:
     - L'ensemble des volets roulants et des points d'accès sont verrouillés. Nous sommes obligés d'effectuer des trouées à l'aide des grandes pinces.
     - Le mûrissage des bananes est réalisé à l'aide d'éthylène et le stockage de bouteille est en feu comme le sont les installations frigorifiques fonctionnant à l'ammoniac. Le tout dégage une importante émanation de gaz toxiques.
     00h42. Le FPT se présente. Ordre est donné d'établir une G.L et 2 P.L sur division alimentée.
     00h49. L’EPA et le FDGP se présentent. 1 G.L est établie sur l’EPA. Une équipe du FDGP est chargée de l'alimentation du FPT, de reconnaissances et ventilation de l'entrepôt contigu. Il est demandé au FDGP de s'alimenter sur une B.I à 200m et d'établir une ligne de 70 mm en attente.
     00h53. Le feu est circonscrit. 3 G.L et 2 P.L sont en manœuvre.
     Les opérations d'extinction sont de plus en plus difficiles par suite des importantes émanations d'éthylène et de gaz toxiques provenant de la combustion d'une grande quantité de polyester et de polyéthylène, constituant l'isolation des chambres froides.

     01h02. Le message « Maître du feu » est envoyé. Les opérations d'extinction se poursuivent. Le FDGP est renvoyé et le GER demandé sur les lieux.
     01h21 « Feu éteint », 1 G.L et 2 P.L restent en manoeuvre.


1984.
27 août.

L'automatique 18 sonne à 05h36. L'appelant signale un feu au restaurant « Il Gobbo », 6 faubourg des Ancêtres à Belfort.
     Le bâtiment de construction traditionnelle R+4 comprend au Rez de chaussée et au sous-sol une pizzeria. Un restaurant « Chinois » occupe également le 1er étage. L'accès principal est situé quai Valet.
     Les niveaux supérieurs sont occupés par des appartements desservis par une cage d'escalier central aveugle pour ces niveaux supérieurs. L'entrée se fait par le faubourg des Ancêtres.
Le sous-sol comporte:
     - Une salle restaurant en deux parties sur demis niveaux;
     - Une partie four et locaux techniques;
     - Deux escaliers rejoignent le Rez de chaussée. Un rejoint le couloir de l'habitation pouvant servir d'issue de secours. L'autre rejoint la salle de restaurant du Rez de chaussée et permet l'accès au quai Vallet.
     A l'arrivée des secours à 05h40, une fumée importante provenant du sous-sol ainsi qu'une très forte chaleur sortent de l'établissement coté quai Valet. La fumée commence à envahir le couloir et l'escalier conduisant aux logements coté faubourg des Ancêtres.
     Le Chef d'agrès FPT commande l'établissement de la LDT et d' une P.L pour attaquer le feu coté quai Valet. Le personnel est porteur d’ARI.
     L’EPA est positionnée sur la façade de l'immeuble faubourg des Ancêtres. Son personnel est chargé des reconnaissances de la cage d'escalier et des appartements.
     Pendant ce temps, les personnels d'attaque se trouvent face à un mur de chaleur et de fumée provenant du sous-sol embrasé et malgré le courage déployé, ne peuvent attaquer le feu.
A 05h52, premier message du Chef de garde:
     « Feu restaurant " Il Gobbo " 6 faubourg des Ancêtres. Effectuons reconnaissances sous ARI. LDT établie, 1 P.L en attente. Je demande l'unité mousse et FEV sur les lieux. »
     05h56 unité mousse et FEV se présentent.

06H08. Deuxième message du Chef de garde:
     « Impossibilité de pénétrer dans le sous-sol. I lance à mousse moyen foisonnement en
manœuvre. Étant donné l'importance de la fumée, procédons à l'évacuation des locataires par les moyens existants et par l’EPA. Je demande ARI et bouteilles d'air. Prévenir Chef de Corps. »
     Le Chef de Corps se présente est prend le commandement des opérations à 06h11.
     A 06h14 il passe le message suivant au DDSIS.
     « Pour raison de difficultés de pénétration je demande renfort de personnel et d’ARI. Le P.C. se situe Fg des Ancêtres angle place Corbis. Je demande EDF et GDF sur les lieux. »
     06h19, FPGP et VPC se présentent sur les lieux.
     06h22 deuxième message de Merlin Belfort à DDSIS:
     « Je demande renfort de tous les ARI et personnels, 1 VSAB et médecin SP. Prévenir les autorités locales et préfecture. »
     A 06h41, 1 FPT+MPR et le GMV sont demandés en renfort.
     07h07 message de Merlin Belfort à DDSIS:
     « 2 lances à mousse moyen foisonnement et 2 P.L en manœuvre. Évolution de la situation, plancher bas légèrement percé. Petite propagation. Je demande renfort de fûts d’émulsifiant moyen foisonnement. »
     07h31 « Situation de l'opération. Feu de sous-sol. Difficultés de pénétration. L'escalier s'est effondré. Impossibilité d'approche. Demandons au SDIS la réserve de haut foisonnement. »
     07h41 « Difficultés à devenir maître du feu. Je demande un FPT en renfort. »
     07h46 Le SDIS demande au CSP de contacter le CSP Montbéliard (25) pour obtenir du haut foisonnement.
     08h47 « Maître du feu. 5 P.L et 1 G.L en manœuvre. 1 G.L en attente sur EPA. Je renvoie le CSP Montbéliard dont les moyens non pas été utilisés. »
     10h30 « Feu éteint. 2 P.L en manœuvre par intermittence. FEV et GMV en action. Procédons aux opérations de dégarnissage. Architectes sur les lieux pour avis sur les constructions. »
     Après plusieurs relèves et rondes, le message « Opération terminée » est passée le 28 août à 17h00.
Pendant l'opération:
     - Un sapeur est blessé. Plaie et brûlures 2e degré à la jambe droite et brûlure 1er degré au visage.
     - Deux locataires sont évacués par les escalier;
     - Cinq locataires sont évacués par l’EPA.
58 Sapeurs pompiers ont été mobilisés sue les lieux.


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