1985.
     Tout les Pompiers en activité à cette époque se souviennent de ce début d'année commencée sur les « chapeaux de roues »! La neige est abondante et le froid intense.
Le Maire de la ville, Monsieur Jean-Pierre Chevènement, nous adressera le 22 février la lettre suivante:

« A Messieurs les Sapeurs Pompiers du Corps de Belfort.
     Le mois de janvier 1985 a été particulièrement pénible pour tout le personnel du Centre de Secours Principal de Belfort, tant au point de vue des gros incendies sous une température exceptionnellement basse que pour les accidents de toutes sortes dus au froid.
     Je tiens à rendre hommage à l'esprit de dévouement qui anime les Sapeurs Pompiers de la ville de Belfort et à adresser mes plus vives félicitations à tous ceux qui ont participé aux différentes opérations au cours du mois de janvier 1985.
                   Je vous prie de croire, Messieurs, à l'assurance de ma meilleure considération. »


Le 1 janvier a été une « journée glaçons. »
A 23h08, les secours sont demandés pour feu au magasin « L'Hôte Jeune », 33 fg de France à Belfort.
     Situé en plein centre ville, ce bâtiment R+4 en forme de L est à usage de vente exposition, entrepôt et atelier de meubles. Il dispose d'une entrée directe par le 33 faubourg de France et d'une entrée par une cour intérieure qui permet l'accès à tous les niveaux.
     Il est de construction traditionnelle, murs en dur, charpente bois, couverture tuiles, planchers entre les niveaux en bois et plâtre. Deux chaufferies (fuel) sont implantées en sous-sol.
     Les secours composés de 1 FPT, 1 EPA et 1 VLr, se présentent à 23h10. Pas de flammes apparentes mais une épaisse fumée envahie le faubourg de France. Les portes de verre et vitrines commencent à se fissurer sous l'effet de la chaleur.
     A cet instant, plusieurs vitres éclatent. Le feu qui « goumait* » depuis un long moment, est attisé par l'appel d'air et c'est l'embrassement immédiat du Rez de chaussée.
     Le Chef d'agrès FPT commande aussitôt l'établissement d'une G.L de plein pied pour attaquer le feu.

(Tous les personnels d'attaque connaissent l'établissement et savent que la lutte va être très difficile et longue. Certains étaient déjà à l'attaque le 28 janvier 1974).
Des lueurs apparaissent déjà au 2ième niveau. Tous les accès sont verrouillés.
     Il est demandé au personnel de l’EPA d'établir une G.L dans la cour intérieure pour attaquer le foyer principal.
     23h11 Le Chef de garde passe le premier message:
     « Violent feu à l'intérieur du magasin « L'Hôte Jeune. » 2 G.L. en cours d'établissement. Je demande un FPT et un 2ième Chef de garde. Prévenir Chef de Corps. »

     23h14 le second FPT se présente. Ordre est donné au Chef d'agrès de faire établir 4 P.L sur division alimentée.
     A 23h28, le FDGP et l’ESP sont demandés en renfort. A son arrivée l’ESP est dressée dans la cour intérieure. Le FDGP établit une division alimenté 100/2x70 et 1 G.L sur l’EPA. Cette dernière G.L a pour but d'enrayer la propagation du feu aux bâtiments voisin et l'attaque du feu en toiture.
     23h58, l’EPSA du CSP et le FPT du CS Valdoie sont demandés. A son arrivée le FPT alimentera une G.L établie sur l’EPSA dressée rue des Capucins. Seront également sur les lieux 1 VSAB, 1 FIN, 1 FEV du CSP, le FPT du CPI Châtenois les Forges. Le médecin S.P.
     L’EPSA du C.S Delle vient prendre la garde au CSP pour couvrir le secteur.
     Le message « Feu circonscrit » est passé à 00h25, celui de « Maître du feu » à 01h31. Le feu sera considéré comme éteint à 03h14.
     De nombreuses relèves seront organisées. Le froid intense nécessite de relever toutes les trois heures les personnels dont la vigilance ne se relâche pas. La glace a pris possession des lieux. Les glaçons en façade sont impressionnants.
     Le gel ne permet pas de laisser en eau les établissements. Ceux-ci doivent être vidé à la fin de chaque utilisation sur les foyers résiduels sous peine d'être rendus inutilisable.
(Certains d'entre nous se sont rappelés le feu rue Balzer dix ans plus tôt...)
Le message « Opération terminée » est passé lors de la dernière ronde le 4 janvier à 05h00.

* Le feu qui " goumait... " On dit que le feu goume lorsque l'apport d'air dans un local devient insuffisant. Il y a alors beaucoup de fumée, une chaleur élevée et une accumulation de gaz très conséquente. L'arrivée ou un renouvellement d'air provoque un retour de flammes plus ou moins violent. C'est un phénomène bien connu depuis très longtemps mais que certains semblent redécouvrir depuis quelques années sous le nom de Flash-over ou Backdraft. Certain film d'outre atlantique en serait-il la cause ... ???

 

 

 

 

1988.
2 août.

     « Pluie de grêlons et vent de 150 Km/h: Belfort sinistré en vingt minutes. »
    Tel est le titre de la une du journal « L'Est Républicain » du 3 août 1988.
     En effet, dans la nuit précédente, vers minuit, un orage très violent éclate sur le Territoire de Belfort. Des grêlons de plusieurs centimètres de diamètre hachent les arbres, brisent tuiles et « velux », martèlent les véhicules. Le vent atteint 154 Km/h, déracine les arbres, arrache cheminées, antennes et toitures, et retourne des véhicules.

Orage_2aout1988__1

Une rue de Belfort le matin.

Une personne est grièvement blessée par la chute d'un arbre, tandis que cinq autres le seront légèrement par bris de verre.
     Outre Belfort, les communes de Bessoncourt, Chévremont, Danjoutin, Denney, Essert Offemont et Perouse sont touchées. L'ensemble des dégâts laisse présumer le nombre plus élevé de victimes si ce phénomène s'était déclenché en journée... Le 3 août à 08h00, 272 interventions sont
déjà réalisées. 310 seront répertoriées jusqu’au 08 août à 08h00.

Orage_2aout1988__2


1989.

Mois de janvier.
     L'année débute par une série d'incendies criminels. Les quartiers dits « des Résidences » et « des Glacis » sont principalement visés, mais divers lieux de la ville sont également touchés.
Dix incendies en cinq nuits. D'autres suivront.
     Les enquêteurs s'aperçoivent rapidement qu'ils ont à faire à une seule personne. La technique de mise à feu est toujours la même.
     La population est très inquiète. Des réunions d'information animées conjointement par la Police, les services H.L.M. et les Sapeurs Pompiers sont organisées. Les services de polices multiplient les patrouilles. Une centaine de personnes a été interrogée, donnant une vingtaine de gardes à vue. Mais l'incendiaire n'est pas identifié.
     Après une période d'accalmie, l'incendiaire allumera un dernier feu déclenchant la tragédie du 8 mars.


     A 03h22, la liaison directe police se déclenche pour signaler un feu au Rez de chaussée de « l'Hôtel de l'Europe » rue Thiers à Belfort.
     A 03h24, un deuxième appel police confirmant le premier précise que trois personnes se sont défenestrées. Une dizaine d'appels sur l'automatique 18 suit.
     Lorsque le stationnaire déclenche le départ, il informe les personnels qu'ils partent sur un gros feu et que des personnes sont défenestrées.
(Pourtant personne ne peut mesurer l'ampleur du drame qui se déroule.)
     A 03h24, compte tenu des éléments recueillis lors de l'alerte le départ normal de feu, 1 FPT, 1 EPA, 1 VLr, est renforcé immédiatement par 1 AR et 1 VSAB.
     Le stationnaire décide de déclencher, sans attendre, le rappel général des personnels de repos pour engager un second départ feu.
Le Chef de Corps prévenu part sur les lieux. Le personnel du standard est immédiatement renforcé.

03h27 le premier détachement se présente.

Situation à l'arrivée des secours.
     - Trois personnes gisent sur le sol rue Thiers;
     - Treize personnes se manifestent aux fenêtres des étages rue Thiers, avenue Wilson et dans une impasse côté Wilson;

     - Une personne se manifeste au 2ième étage de la façade sud;
     - La rue Thiers est envahie par une abondante fumée et les façades sont masquées par la fumée et les flammes;
     - Le hall d'entrée du Rez de chaussée est en feu. Des flammes sortent de ce niveau;
     - La cage d'escalier est entièrement embrasée;
     - Des flammes sortent des fenêtres côté rue Thiers aux niveaux 4, 5 et 6. Côté avenue Wilson aux niveau 5 et 6;
     - Les reconnaissances permettent d'établir que les couloirs sont en feu à partir du 2ième étage.

Actions immédiates.
     L'Officier de garde demande renfort FPT, VSAB et médecins.
     Le personnel du FPT procède aux sauvetages de deux personnes sur un balcon au 1er étage à l'aide de l'échelle à coulisses et simultanément attaque le sinistre par l'escalier rue Thiers au moyen de deux P.L. Une troisième sera établie après les sauvetages pour limiter la propagation au bâtiment mitoyen rue Thiers.
     L'AR et le VSAB prennent en charge les victimes défenestrées.
     L'EPA procède aux sauvetages et mises en sécurité de quatre personnes sur la façade rue Thiers entre les 2ième et 4ième étages. Malgré l'action de l'EPA et les exhortations du personnel, une 4ième victime se défenestre rue Thiers.

Déroulement de l'opération.
     A 03h37 le FPT2 et VSAB2 se présentent suivis par l’ESP. L’EPSA de Delle a été demandé en renfort.
     Le personnel du FPT2 opère immédiatement le sauvetage de 5 personnes. 4 sur le toit à R+2 à l'aide d'échelles à coulisses et à crochets. La 5ième au 1er étage en façade avenue Wilson au moyen d'une échelle à coulisses.
Puis il établit 1 G.L et 1 P.L dans l'impasse côté avenue Wilson.
     L’ESP est dressée rue Thiers pour attaquer le feu au 3ième étage au moyen d'une P.L et opérer des reconnaissances.
     L’EPA est rapidement déplacée avenue Wilson pour effectuer le sauvetage de trois personnes.
     Une 5ième personne voulant vraisemblablement atteindre le toit voisin rue Thiers depuis le le 5ième étage tombe au sol.
     03h41. Merlin Belfort prend la direction des secours et demande en renfort 2 FPT, 3 VSAB et confirme la demande de l’EPSA Delle.

03h43. Le directeur des secours et le D.S.M fixent rapidement :
     - 1 centre de tri à l' entrée de la gare S.N.C.F. qui sera géré par le D.S.M;
     - 1 P. C. à proximité du centre de tri qui sera géré par un officier professionnel renforcé par du
personnel.

03h50. La cage d'escalier de l'immeuble s'effondre jusqu’au palier du 1er étage. La seule voie de communication verticale est détruite.
     Deux Sapeurs Pompiers se trouvent bloqués au niveau du 2ième étage entièrement embrasé. Heureusement ils réussissent à trouver une issue par une cour intérieure. Un autre drame est évité de justesse.

03h53. Se présentent sur les lieux:
     - Le VSAB Valdoie qui se met à disposition au centre de tri.
     - Le FPT3 Belfort qui établi 2 P.L dans les étages supérieur de l'immeuble voisin pour enrayer la propagation à l'immeuble 29 rue Thiers.

     03h55. FPT Valdoie sur les lieux. Son personnel est chargé de l'extinction et de reconnaissances par la façade avenue Wilson.
     04h02. EPSA Delle se présente. Elle est dressée avenue Wilson pour permettre l'établissement d' une P.L au 3ième étage par le personnel du FPT Valdoie.
     04h03. Le directeur des secours demande 2 FPT et 3 VSAB selon procédure plan rouge.
     04h03. Le personnel de renfort se présente. (1 Officier et 10 hommes.) Son rôle est d'assurer des reconnaissances, renforcer le centre de tri et le P.C.O.

04h13, l’EPSA du CS Beaucourt est demandée en renfort.
04h21. VSAB Giromagny sur les lieux suivi à 04h30 du VSAB Rougemont le Château. Ils se mettent à disposition du DSM.

04h27. Message du DSM. « Bilan provisoire victimes: 2 D.C.D, 3 U.A, 3 U.R. »

04h35. FPT Rougemont se présente. Il est mis en réserve mécanique et son personnel à disposition du PCO.

04h40. FPT Grandvillars et VSAB Giromagny se présentent. Ils sont mis respectivement à disposition du P.C.O et du centre de tri.

05h00. EPSA Beaucourt se présente. Mise en place rue Thiers pour l'extinction au moyen de P.L au 4ième niveau.

05h30. Le message « Maître du feu » est passé.

06h15. La victime n°5 est découverte au 3ième étage côté rue Thiers.

06h30. La victime n°6 est découverte au 3ième étage côté rue Thiers.

07h03 Le message « Feu éteint » est passé.

Le DSM fait un rapport provisoire de l'état des victimes.
     - 2 Décédés (victimes 1 et 2 défenestrées.);
     - 1 victime décédée en cour de transport (victimes 3 défenestrées.);
     - 1 victime n°4 qui décédera au centre hospitalier de Belfort.                                                                              
  -      3 U.A, 3 U.R, 4 éclopés.

07h15. Découverte de deux victimes (7et 8) au 2ième étage côté rue Thiers.

07h45. Mise en sécurité du bâtiment pour poursuite des opérations de déblais.

10h30 Opérations de déblais et recherches de corps.

Les corps de sept autres victimes seront découverts jusqu’à 19h36.

02h42 le 09 mars. Les opérations de déblais se poursuivent. Elles seront stoppées sur demande du juge d'instruction chargé d'établir l'origine du sinistre.

11h51. Une mission d'inspection générale du Ministère de l'Intérieur se présente sur les lieux.

23h59. Message « Opération terminée. »

     Le 10 mars, sur demande du Maire et avec l'autorisation du juge d'instruction, les personnels d'un FPT et de l’EPA procéderons à la dépose de matériaux menaçant la voie publique, accompagneront les experts dans la reconnaissance du bâtiment pour évaluer les risques d'effondrement.
     A la demande de la police, des opérations de recherches seront faîtes dans la partie de l'escalier effondré afin de déterminer si d'autres corps sont encore enfouis.
Bilan de l'opération.
     - 18 personnes sauvées, dont 4 par la police avant notre arrivée;
     - 15 personnes  décédées;

     - 120 sapeurs pompiers et 25 véhicules engagés;
    - 2 médecins SP et 2 médecins du SAMU ont assuré les secours médicaux.

Feu_europe

Cet incendie est le plus meurtrier qu'ai connu le Territoire de Belfort.

Juin.

Feu de magasin rue de la République à Danjoutin.
     A 21h25, toutes les lignes 18 se déclenchent. Une trentaine d'appels vont se succéder pour signaler que les magasins « Home Salon » et « Foire Fouille » sont en feu.
     L'établissement est répertorié en 2ième famille du type M, destiné à l'exposition vente de mobilier, d'objets et articles en tous genre.
     D'une superficie au sol de 3000 m2 environ, il comporte également un étage partiel de 1700 m2 à usage de réserve.
De construction traditionnelle, il est constitué de:
     - 4 murs porteurs en agglos et renforts de piliers métal;
     - Armature autoporteuse intérieur en béton armé, une dalle béton constituant l'étage;

     - Charpente métallique, toiture bardage métallique et bac d'acier avec étanchéité en toile bitumée;
     - Une partie de façade en baies vitrées.

     Au standard, la décision est vite prise. Le départ normal (FPT, EPA, VLr) est immédiatement complété par un 2ième FPT et le D.A.
     A 21h29, le 1er départ se présente. Le personnel du FPT établit immédiatement 2 G.L qui ont pour mission l'attaque du foyer principal vers le mur de séparation des magasins « Home Salon » et « Foire Fouille » et éviter la propagation au Rez de chaussée.
     Une 3ième G.L est mise en manœuvre sur l’EPA par son personnel avec pour mission d'arrêter la propagation en toiture.
     Une rapide reconnaissance à l'extérieur du bâtiment permet de constater que l'embrasement est général.

     A 21h31, le FPT2 et le D.A se présentent. Le Chef de garde demande FPT du C.S Valdoie et le D.A du C.S Delle en renfort.
     Le FPT2 reçoit l'ordre d'établir 1 G.L pour attaquer le foyer principal et d'assurer l'alimentation de la G.L de l’EPA. Le D.A Belfort assure l'alimentation du FPT2 et établit simultanément une division alimentée 100/2x70.

A 21h36, message du Chef de garde:
     « Feu généralisé. 4 G.L établies. Je demande renfort de 2 FPT, 1 VSAB et médecin S.P. Point de ralliement station Shell rue de la République. »

     Les portes d'accès du magasin « Foire Fouille » sont protégées par des volets métalliques. Le VSR est demandé afin de pouvoir forcer ces volets.
     Sont également demandés sur les lieux: le FPT3, VSAB2, FIN de Belfort, FPT C.S Grandvillars, FPT C.S Giromagny, FPT Montreux le Château, EPSA Delle, VSAB Valdoie, les équipes de garde des CPI Bavilliers, Danjoutin et Offemont.
     La proximité des caténaires de la ligne S.N.C.F. Bâle/Paris et la violence du feu oblige d'interrompre le trafic ferroviaire jusqu’ à 02h28.

Le message « Feu circonscrit » est passé à 22h32.et « Maître du feu » à 23h13.
A cet instant, 3 G.L et 18 P.L sont en manœuvre.
Cinq sapeurs pompiers seront légèrement blessés ou intoxiqués pendant les opérations.
Le message « Opération terminée » est passé le 09 juin à 22h07.


1990.
14 au 18 Février. Inondations catastrophiques.

     C'est un phénomène météorologique d'une ampleur particulière qui est cause de ces inondations. Le massif du Ballon d'Alsace est recouvert d'une couche de neige. Le 14 février, une forte remontée de la température et des chutes de pluie importantes provoquent en quelques heures, la fonte du manteau neigeux. Toutes les rivières connaissent alors une crue immédiate et d'une exceptionnelle amplitude. Routes coupées, glissements de terrains, caves inondées, ponts détruits, coupures de courant, évacuations de personnes isolées, voilà à quoi sont confrontés les sapeurs pompiers.

Tragédie aussi avec le décès d'un employé du service des eaux tombé dans un collecteur.

     Pendant ces journées, le Corps intervient 190 fois. Notre standard traite environ 1millier d'appels. Les missions du Corps ont été les suivantes:
     - Réception des appels de secours pour un secteur de trente communes environ.
     - Engagement des moyens sur ce secteur.
     - Suivi des opérations au niveau départemental.
     - Gestion des moyens de secours au niveau départemental par centralisation des matériels et personnels des Corps de Valdoie, Belfort, Offemont, Bavilliers et Danjoutin. Viennent s’y ajouter les bus de la C.T.R.B (transport des personnes évacuées), ambulances privées et médecins, moyens militaires mis à disposition.

Les priorités pour les épuisements des sous-sols doivent permettre:
     - La restitution des énergies.
     - Remise en état des entreprises pour la reprise économique.
     - Remise en état de bâtiments publics (écoles.)
     - Remise en état des bâtiments privés.


2 mars.
Explosion non suivie de feu 9 rue Baumann à Belfort.

A 04h03, Le stationnaire reçoit une demande de secours pour violente explosion rue Baumann. La vingtaine d'appel qui suit laisse immédiatement entrevoir une opération d'envergure.
     Le bâtiment comprend un rez de chaussée, quatre étages habitables et un comble. Le 1er départ se compose de 1 FPT – 1 EPA30 – 1 AR – 1 VSAB – 1 Vlr.

A 04h09, les secours se présentent.
La situation est la suivante.
     - Le 4ième étage et le comble du 9 rue Baumann est complètement soufflé. Le plafond est effondré avec destruction totale des trois appartements de ce niveau.
     - Au 3ième étage, le plafond est partiellement effondré.

Les ordres suivants sont donnés:
1) Au chef d'agrès FPT:

     - Évacuation des étages inférieurs.
     - Reconnaissances et bilans sur le nombre et l'état des victimes du 3ième étage.
2) Au chef d'agrès EPA:

      - Dresser l’EPA au 4ième étage (l'accès par les escaliers étant obstrué par des blocs de bétons.)
      - Reconnaissance et bilan sur le nombre et l’état des victimes du 4ième étage.

3) Au chef d'agrès de l’AR:
     - En liaison avec le médecin rechercher un local pour installer un PMA.

 

 

 

Les premières reconnaissances permettent de découvrir:

Au 3ième étage.
     - 2 personnes adultes prisonnières d'une dalle de béton.
     - L'effondrement du plafond d'une chambre à coucher laisse supposer la présence d'une victime ensevelie (enfant de 14 mois.) Celle-ci sera dégagée mais malheureusement décédée.

Au 4ième étage.
     - Découverte de 5 victimes. 1 décédé, 3 blessés graves et 1 blessé léger.

     Les moyens sauvetage déblaiement sont demandés et les renforts composés de 2 FPT – 1 VSR – 1 FEV –        1 EPSA  - 2 VTU – 1 VSAB du C.S Valdoie – le médecin S.P de garde et 1 AR du centre hospitalier sont dirigés sur les lieux.

     Une grue de l'entreprise SOGECOFA réquisitionnée sera chargée du dégagement des plaques de béton.
     A 06h04, le bilan provisoire fait état de 2 décédés, 3 blessés graves et 3 blessés moyens. 2 personnes manquent à l'appel. A 09h13, la police pourra certifier qu'elles ont quitté les lieux avant l'explosion.
     L'enquête fera apparaître que la cause de l'explosion est due à la tentative de suicide au gaz d'un des locataires.

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